Outremont, la mal chaussée

Lorsqu’il s’agit de déneiger les rues et ruelles d’Outremont, l’arrondissement n’y va pas avec le dos de la pelle. En décembre 2009, un reportage de Radio-Canada nous apprenait que notre service de déneigement coûtait 75 000 $ par kilomètre de rue contre une moyenne de 33 000 $ dans les arrondissements montréalais. À ce chapitre, Outremont occupe la première marche sur le podium de la cherté.

En revanche, lorsqu’il est question de l’état de la chaussée des rues résidentielles, Outremont arrive en queue de peloton avec plus de 7 % de ses rues jugées dans un état critique. C’est ce que révèle le tout premier Plan d’intervention intégré adopté par la Ville de Montréal. Nous partageons ce score déplorable avec Ahuntsic-Cartierville, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, le Sud-Ouest, Verdun et Lachine. C’est à se demander si la mairesse Cinq-Mars ne préfère pas la motoneige au vélo!2014-05-07 État de la chaussée dans Outremont

Cette piètre performance pourrait surprendre certains résidents qui apprendront que Mme Cinq-Mars occupait depuis des années et, jusqu’à tout récemment, la présidence du Comité circulation et stationnement de l’arrondissement.

Mais il y a pire. Il y a quelques semaines à peine, Marie Cinq-Mars a impulsivement décidé de retirer à la conseillère Céline Forget la responsabilité de présider au Comité circulation et stationnement qu’elle venait pourtant tout juste de lui confier. Madame Forget avait-elle commis une faute? Pas du tout.

Le problème est d’un tout autre ordre. La mairesse ressent le besoin irrépressible de tout contrôler et de retenir l’information. Non seulement est-elle incapable de déléguer, mais sa rigidité partisane la rend inapte à travailler en collégialité avec ses collègues qui, rappelons-le, ont toutes été élues par les citoyens de l’arrondissement.

Marie Cinq-Mars a peut-être quitté le parti Union Montréal qui l’a formée, mais les travers de la défunte Union Montréal n’ont pas quitté la mairesse. Si bien que les enjeux de la circulation, de la réfection du viaduc Rockland, des pistes cyclables, du transport actif risquent encore d’être menés à la va-comme-je-te-pousse.

Faut-il s’étonner, dans les circonstances, que les conseillères Lucie Cardyn et Jacqueline Gremaud aient décidé, le cinq mai dernier, de larguer Mme Cinq-Mars et de siéger comme indépendantes afin de pouvoir travailler sans être entravées par une partisanerie malsaine et contre-productive? La démocratie ne pourra en être que mieux servie. Nous ne pouvons que les en féliciter!

Marie Cinq-Mars perd ses deux conseillères

Lucie Cardyn et Jacqueline Gremaud, les deux courageuses conseillères démissionnaires qui souhaitent désormais avoir les coudées franches pour servir les citoyens d’Outremont.