Les chemins de compostage

À l’heure actuelle, Outremont peut se targuer d’un taux de recyclage de 64 %, ce qui n’est pas si mal. La collecte de papier (journaux, circulaires, cartons d’emballage, etc.), de verre et de plastique (contenants de boissons gazeuses, contenants alimentaires et de produits d’entretien, sacs de plastique, etc.), est pratiquement devenue un automatisme pour les citoyens. Même nos arbres de Noël sont récupérés. C’est sans parler de nos électroménagers et vieux meubles qui font l’objet d’une cueillette printanière (cette année, du 6 au 10 mai).

Cela nous demande un peu plus d’énergie lorsqu’il est temps de se départir de nos matériaux de construction et de nos ordinateurs, imprimantes et autres. Pour tous ces produits, il nous faut nous rendre au dépotoir du 1451, avenue Ducharme.

Mais qu’en est-il de tous nos résidus de tables qui constituent la partie la plus importante des déchets que nous produisons? Avez-vous remarqué autour de chez vous ces fameux bacs bruns destinés à recueillir les déchets qui sont transformés en compost? Autour de chez moi, je n’ai encore jamais vu la couleur de ces goinfres capables d’ingurgiter nos restes de fruits et légumes, de pains, pâtes, viandes, volailles, poissons, produits laitiers solides (beurre, fromages et yogourt) et jusqu’aux desserts et sucreries.

Pourtant, à compter de 2020, les villes du Québec ne pourront plus enfouir de déchets organiques. Contrairement à des pays comme la Suède qui doit aujourd’hui importer des vidanges pour pouvoir suffire à la demande. Il faut savoir que ces déchets sont, en fait, des matières premières puisque grâce à la bio méthanisation, ils servent à créer du gaz tantôt pour alimenter les autobus, tantôt pour le chauffage.

Secteurs de collecte des résidus alimentaires

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Si Victoriaville et Saint-Hyacinthe ont étendu cette pratique à l’ensemble de leur population, la ville de Montréal se prépare encore à une collecte sur l’ensemble du territoire prévue en 2016 ou 2017.

Sauf erreur, à Outremont, une seule zone ciblée est desservie par une collecte des résidus alimentaires pour des résidences et des édifices de 8 logements et moins. Pourtant, dans des arrondissements tout près du nôtre, des milliers de résidents envoient déjà leurs déchets de table au compost depuis plus de trois ans. Ainsi, cette année, à Rosemont – La Petite-Patrie, pas moins de 37 000 portes auront leurs bacs bruns.

Le plus difficile sera probablement d’opérer le changement des habitudes et des préjugés des citoyens. La sensibilisation et la communication seront essentielles pour réussir le virage du compostage. Surtout qu’en matière de gestion des déchets, les préjugés sont coriaces.

La problématique des odeurs en période de canicule nous vient vite à l’esprit, mais si on vous convainquait qu’il y a des techniques pour les éliminer? C’est sans compter qu’une fois qu’on sera parvenus à soustraire les déchets organiques des vidanges, on pourra diminuer la collecte des ordures et augmenter celle des déchets organiques. Ce sera le coup de grâce aux derniers relents. Une chose est sûre, c’est que si nous n’y voyons pas dès maintenant, l’échéancier 2020 sera difficile à atteindre.