Le droit du public à l’information

Le 6 février 2012, plus de 130 citoyens avaient demandé la destitution de M. Alex Werzberger qui siégeait  au Comité consultatif d’urbanisme d’Outremont (CCU). Ces résidents reprochaient au président de la Coalition des organisations hassidiques d’Outremont (COHO) d’agir à titre de lobbyiste et de défendre les intérêts des membres de son organisation au détriment de l’intérêt public et ce, malgré le fait que ces derniers contrevenaient manifestement à différents règlements en vigueur.

À l’époque, la mairesse Cinq-Mars s’était offusquée du dépôt de cette requête en disant : «Je ne peux laisser un citoyen déblatérer sur un autre citoyen en lui prêtant des intentions.».

Or dans le jugement que la Cour supérieure a rendu le 4 décembre 2013 dans la cause qui m’opposait, entre autres, à M. Werzberger, l’honorable juge Claude Dallaire a été d’un tout autre avis.

Au paragraphe 187 de son jugement, la juge Dallaire a statué que «La destitution d’une personne siégeant sur un comité municipal est aussi un sujet d’intérêt public. Si la diffusion de faits de nature privée touche les fondements d’une demande de destitution, cette diffusion pourra se justifier au nom du droit du public à l’information parce que le sujet en est un d’intérêt public.» En d’autres mots, ce n’était pas le citoyen Werzberger que les 130 signataires de la demande de destitution contestaient, mais bien plutôt de l’homme public.

La juge Dallaire ajoute, à l’article 354: «Il ne fait aucun doute dans notre esprit que ces dossiers de destitution visent les demandeurs [Werzberger] dans l’aspect public de leur personne et que le sujet discuté est un sujet d’intérêt public dont la diffusion ne pourrait être jugée fautive par une personne raisonnable.»

Dans le contexte où la juge de la Cour supérieure constate que cette demande de destitution a été rejetée du revers de la main par les autorités municipales, elle ne me reproche pas d’avoir utilisé mon blogue pour faire passer notre message. 2013-01-15 Werzberger

En ce qui concerne notre critique du rôle joué par M. Werzberger, la juge Dallaire estime au paragraphe 397que «la demande de destitution était appuyée de faits et documents pertinents à l’opinion véhiculée qu’il pourrait éventuellement se trouver en conflit d’intérêts entre ses activités municipales et ses activités de lobbyiste au profit de sa communauté».

Malgré tout, lors de la séance du 9 décembre dernier, la mairesse Cinq-Mars a catégoriquement refusé de répondre à notre question sur la destitution de M. Werzberger que nous réclamons toujours. (rendez-vous à la 36e minute de la vidéo de la séance du conseil de décembre 2013)

Heureusement, la conseillère indépendante Céline Forget nous a appris que le mandat des membres du CCU s’était terminé en décembre 2013, qu’un nouvel appel de candidatures par avis public se tiendra bientôt et que le conseil devra statuer si des lobbyistes seront à nouveau admis au sein de ce comité.

Il y a de l’espoir dans l’air.

Le b.a. -ba de la sécurité sur nos rues

Depuis plus de six semaines, j’arpente les rues du district Claude-Ryan d’Outremont plusieurs heures par jour. J’y ai rencontré des centaines de citoyens qui me font part de problèmes qui les préoccupent dans leur milieu de vie.

Sans surprise, la question de la circulation revient sans cesse dans nos conversations. Est-ce vraiment étonnant quand on sait que sur l’île de Montréal, on compte désormais 1 automobile pour 2,1 adultes et que les études de Transport Québec nous annoncent que d’ici 2016, la métropole connaîtra une croissance de deux millions de déplacements par jour, soit une augmentation de 25 %.

Pas besoin d’être un expert en actuariat pour comprendre que cette augmentation rapide du nombre de voitures entraîne un accroissement des risques d’accident avec les piétons et les cyclistes. C’est sans parler du fait que plusieurs résidents se plaignent que malgré les vignettes qu’ils payent, ils peinent de plus en plus pour trouver une place pour se garer près de chez eux.

Les parents de jeunes enfants, tout comme l’ensemble des résidents dénoncent la vitesse et le nombre de véhicules qui filent et défilent sur nos rues résidentielles. En dépit de pétitions que plusieurs personnes du district ont déposées auprès des élus actuellement au pouvoir à Outremont, les citoyens concernés estiment que leurs récriminations n’ont pas été entendues des autorités. Ils considèrent que cette inaction a des répercussions négatives sur leur qualité de vie.dos d'âne.03c BR

Il y a quelques mois, un citoyen s’était donné la peine de se rendre à l’assemblée du conseil d’Outremont pour se plaindre de la vitesse excessive des automobilistes qui s’engouffraient sur l’avenue de L’Épée en provenance du Chemin de la Côte-Sainte-Catherine. Interpellé, son conseiller de district n’avait pu qu’admettre son impuissance devant cet état de fait. «La solution n’est pas évidente, avait-il dit.On ne peut pas inverser le sens unique à cet endroit à cause de l’entrée de garage de l’immeuble».

Je suis allé passer une heure au pied de la tour d’habitation L’Éminence pour y constater que la situation y était extrêmement dangereuse et tout à fait intolérable. Pourtant, la solution pour contrer la vitesse des voitures qui y passent en trombe semble sauter aux yeux.problème de vitesse - solution d'appaisement copy

Un bon dos d’âne dissuasif et permanent placé juste avant l’entrée du garage qui dessert les 160 appartements du complexe d’habitation forcera le ralentissement à 30 km/h, jour et nuit. Même plus besoin de poster de patrouilleurs pour faire respecter la limite de vitesse à cet endroit. En Jamaïque, on surnomme les dos d’âne « sleeping policemen ». Et ceux-là peuvent bien dormir sans que ça nous titille le compte de taxes!TRAVERSE PEINTE - problème - solution

Afin de sécuriser la sortie des piétons de l’immeuble, le marquage d’une traverse piétonne là où le trottoir est pratiquement inexistant (même pas 15 pouces de large!) ferait l’affaire. Précédée du dos d’âne, la traversée de la rue se ferait enfin en toute quiétude.

Pas de solution, disent donc les autorités actuelles? Quand on se donne la peine de réfléchir, des mesures correctrices adaptées aux différentes problématiques sont généralement à portée de main. Encore faut-il vouloir les appliquer !

La vie en vert

À Outremont, si vous vous promenez sur l’avenue Laurier, vous remarquerez que le trottoir du côté sud n’héberge ni érables, ni frênes, ni ormes, ni féviers, ni aucune autre essence d’arbres. Rien de ce qui y a été planté au fil des ans n’a survécu. Comment expliquer cette hécatombe? Les fosses de plantation sont trop petites.

Il y a exactement 20 ans, le botaniste Michel Labrecque avait pourtant produit une étude démontrant que les fosses de plantation d’un mètre cube (!) ne permettaient pas un développement radiculaire adéquat. En 2005, la Politique de l’arbre de Montréal établissait à cinq mètres cubes le volume minimal d’une fosse pour donner une chance de survie et de croissance aux arbres transplantés.

Hélas! En 2013, les autorités d’Outremont en sont encore réduites à planter des chicots dans des bacs temporaires qu’il faut gruter au printemps et à l’automne. Dans de telles conditions, même un chêne est condamné à demeurer un nain de jardin.

Ce qui est vrai sur le trottoir l’est tout autant sur le terre-plein de l’avenue Laurier. Là aussi, de gros bacs de béton d’une tonne donnent le gîte à de petites fleurs fragiles. S’ils y ont été placés pour servir de mesure d’atténuation du trafic, ces bacs donnent l’occasion à d’innombrables véhicules de se stationner illégalement au milieu de la chaussée (voir la flèche sur la photo du haut).

Tout n’est heureusement pas coulé dans le béton puisque, en 2014-2015, on prévoit la réfection complète des infrastructures de l’avenue Laurier. Mais pourra-t-on espérer un reverdissement adéquat de cette artère commerciale de prestige? Si on se fie à ce qui s’est produit sur l’avenue Bernard en 2010, rien n’est moins sûr.

 réfection av. Bernard 2010En dépit de la remise à neuf des conduites d’aqueduc, de l’enlèvement des anciens rails de tramways et de l’excavation sur près de trois pieds de profondeur, le tronçon de l’avenue Bernard compris entre Hutchison et Wiseman aura été une occasion ratée d’augmenter pour la peine le nombre d’arbres qui auraient contribué à embellir et rafraîchir cette artère particulièrement courue.

Bernard avant-après copy occasion ratée

Dans un même ordre d’idée, n’aurait-il pas été infiniment plus perspicace de construire des saillies de trottoirs qui soient autre chose que des parcelles de béton armé? Poser la question, c’est y répondre. À mon sens, il n’y a plus d’excuse qui puisse justifier de telles erreurs. Le développement durable doit quitter les beaux discours pour descendre dans la rue!

saillie de trottoir avant aprèsNe trouvez-vous pas qu’il serait approprié de remplacer le béton des saillies de trottoir actuelles par des plants de graminées ou d’autres espèces végétales qui requièrent moins de ressources pour leur entretien?

Pétition sur le transport de produits dangereux

Aux maires d’Outremont et de Montréal : Divulguez votre plan d’urgence et faites pression pour le resserrement des normes de sécurité dans le transport de produits dangereux

 À la suite de la plus meurtrière catastrophe ferroviaire au Canada qui a semé la dévastation à Lac-Mégantic (voir ma chronique du 13 juillet 2013), nous avons appris que ce convoi provenait du Canadien Pacifique (CP) et qu’il a parcouru cinq agglomérations de plus de trois millions d’habitants, dont Montréal.pétition

Outremont, comme plusieurs arrondissements de la métropole, est traversé par une voie ferrée du CP dont l’emprise se trouve parfois à moins de sept mètres de complexes résidentiels. D’ici quelques années, ce corridor ferroviaire longera le nouveau campus universitaire d’Outremont qui accueillera des milliers d’étudiants et quelque 1 300 logements sur le site de l’ancienne gare de triage.

Contre toute logique de sécurité humaine, les compagnies de chemin de fer ne sont pas tenues de déclarer le contenu de leurs cargaisons. Même le Centre de sécurité civile de Montréal, dont la mission est de s’assurer de la prévention des sinistres majeurs, ne connaît pas la nature des produits qui transitent sur son territoire.

Puisque le transport de produits dangereux est une réalité incontournable, les citoyens sont en droit de savoir :

– si les autorités disposent d’un plan d’intervention adéquat à l’égard de cette problématique particulière.

– si les intervenants ciblés par un tel plan d’urgence ont récemment été soumis à des exercices de simulation qui s’imposent pour protéger les populations.

Je réclame :

1)     Que l’administration municipale d’Outremont nous dévoile le plan d’urgence mis à sa disposition pour répondre à un tel événement dramatique qui pourrait survenir sur son territoire.

2)     Que les élus de la métropole, les responsables du Centre de sécurité civile de Montréal et toutes les autorités compétentes fassent pression sur le gouvernement fédéral et le Bureau de la sécurité du transport (BST) afin qu’ils resserrent les normes de sécurité et qu’ils obligent les entreprises de transport terrestre et maritime à dévoiler d’avance le contenu des matières dangereuses qu’ils transportent, ainsi que les autres informations propres à permettre la mise en action des mécanismes de protection adéquats.

Pour signer la pétition, cliquer ICI

Merci d’avance.

Je vous invite aussi à signer la pétition de  l’Union des municipalités du Québec. L’UMQ mobilise présentement les mairesses et les maires afin de revendiquer, auprès des instances responsables, la révision, la modernisation et le renforcement des normes qui encadrent les activités des compagnies ferroviaires et réclame des mesures de sécurité à mettre en place immédiatement pour garantir la sécurité dans les municipalités traversées par des voies ferrées.

Sur un toit brûlant

Ce n’est probablement pas le 3 novembre prochain, jour des élections municipales, que nous ressentirons l’urgence de combattre le problème des îlots de chaleur urbains. Je profite donc de l’assommante canicule actuelle pour vous rappeler qu’il y a exactement un mois, je vous annonçais mon intention de m’y attaquer avec vigueur.

En consultant la carte de l’Institut de national de Santé publique, j’ai réalisé que le district Claude-Ryan est particulièrement affecté par ce phénomène où l’on observe une élévation de la température par rapport aux zones rurales ou forestières adjacentes. Les avenues Laurier, Bernard et Van Horne sont manifestement en zone rouge, tout comme la rue Hutchison. Par ailleurs, les avenues Durocher, Querbes, De L’Épée et Bloomfield sont également touchées, au nord de Bernard.

ilôts de chaleur à Outremont

Les carrés rouges représentent les îlots de chaleur. La ligne bleue constitue la limite du district Claude-Ryan

Les toits plats de nombreux édifices (résidentiels, publics, commerciaux) sont en bonne partie responsable d’une augmentation de température qui peut aller jusqu’à 12 °C de plus que dans les zones environnantes. Par une journée de canicule, la température d’un matériau réfléchissant (blanc) peut être de près de 10 °C inférieurs à celui d’un matériau foncé. À elle seule, cette variation justifie amplement que nous revoyons notre réglementation sur les revêtements de toiture. Dans son édition Web de mars 2011, Protégez-vous prédisait déjà la fin du bitume puant.

multicouche c. élastomèreDans un avenir prochain, j’estime qu’Outremont devra privilégier l’utilisation de membranes élastomères réfléchissantes et bannir les couvertures de goudron et gravier lorsqu’il est temps de remplacer un toit plat ou de faible pente. Le coût de l’élastomère serait d’environ 30 % de plus qu’une membrane d’asphalte, mais selon certains experts, sur l’ensemble des coûts reliés à la réfection d’un toit de 1 000 pi2 incluant les solins et les accessoires, l’augmentation est d’environ 1 500 $ et se justifierait par ses avantages, dont la durée prolongée.

Si l’écologie est une de vos valeurs, sachez, de plus, que les toitures de bitume ne sont pas recyclables et qu’elles finissent leurs (mauvais) jours en polluant les centres d’enfouissement de déchets. Pour des raisons de développement durable, les membranes bicouches élastomères ou monocouches de type EPDM ou TPO sont de plus en plus recherchées. Elles sont recyclables et leur couleur claire (parfois blanche) réfléchit les rayons solaires, réduisant ainsi la surchauffe dans les villes et la présence d’îlots de chaleur urbains.

Si votre toit a fait son temps ou si vous vivez directement sous les combles et que vous devez dormir dans la baignoire pour survivre à cette belle nuit chaude, je vous invite à visionner l’épisode de l’émission Légitime dépense qui a été diffusé à Télé-Québec.

Voilà le premier d’une longue série de gestes qu’il faudra poser pour améliorer notre qualité de vie personnelle et commune

POUR ME SOUTENIR.03

Pas dans ma cour… de triage!

Des plus lointains confins de ma mémoire, je garde en tête le long et lancinant gémissement du train de Lac-Mégantic. Sa plainte nocturne, surtout. Couché au deuxième étage de la maison rassurante de mes grands-parents, le mugissement des locomotives me saisissait toujours.

Jamais je n’aurais pu imaginer que ce cocon douillet renfermant les souvenirs de tous mes Noëls d’enfance et plusieurs fêtes familiales de ma vie d’adulte aurait pu, un jour, être englouti par les entrailles suppurantes du train de minuit.

En voyant une photo aérienne de la scène apocalyptique, le 31 boulevard des Vétérans (cercle rouge) semble avoir été directement emporté par la coulée de lave bitumineuse. Contrairement aux maisons qui l’entourent, de l’ancienne propriété de mon grand-père Allard, il ne reste qu’un lopin de suie noire et fumante. La maison du notaire Veilleux? De l’avocat Lacoursière? Des Poulin? De M. Richard? De Mme Dion? Dévastées. Toutes. J’ai appris qu’à 93 ans, Éliane Boulanger (née Parenteau), une tante du côté de mon père qui habitait trois maisons plus loin, n’a pu échapper à son destin infernal. Même le crématorium serait redevenu poussière.2013-07-06 dévastation de la maison de grand-papa BR

Mais puisque nous sommes tous devenus Méganticois, des inquiétudes se soulèvent partout où les chemins de fer s’insinuent. Lundi dernier, battant le fer pendant qu’il était chaud, le maire de Farnham a adopté des résolutions pour que la compagnie MMA cesse au moins temporairement ses activités ferroviaires.

Au même moment, dans la salle du conseil d’Outremont, la mairesse Marie Cinq-Mars cherchait à rassurer. Incapable de répondre à un résident qui lui demandait si la ville disposait d’un plan d’urgence en cas de catastrophe, Mme Cinq-Mars avait, en revanche, une réponse à donner à un autre citoyen dont la résidence du 950 Champagneur se trouve à moins de sept mètres de l’emprise de la gare de triage du Canadien Pacifique. « Dans deux ou trois ans, la voie ferrée qui passe derrière chez vous sera déplacée vers Parc-Extension. Elle longera l’avenue Beaumont.»vue aérienne + plan de la gare de triage superposé.01

Bref, Outremontais et Montréalais, nous n’avons aucune idée des produits dangereux ou toxiques qui circulent dans notre cour, mais nous voilà rassurés. Si ça devait sauter, ça se ferait 300 mètres plus loin, dans la cour d’une école, de l’autre côté du nouveau campus Outremont, mais pas dans ma cour… de triage! Il est temps de se réveiller.

Saviez-vous que les compagnies ferroviaires ne divulguent le contenu de leurs chargements que lors d’un accident? Même le Centre de sécurité civile de Montréal qui s’occupe de la mise en place des mesures d’urgence lors de catastrophes n’en sait rien. Écoutez le reportage diffusé à l’émission Dimanche Magazine. Pas rassurant du tout.

Voyez maintenant la vidéo d’un riverain d’une voie ferrée de Magog. Qu’apprendrions-nous si nous allions faire un tour le long des rails de notre gare de triage?

Le scalp urbain

Peut-être avez-vous vu hier matin ce reportage de TVA nous montrant l’abattage illégal d’une centaine d’arbres matures sur le bord du lac Memphrémagog. Le propriétaire sans scrupule s’en tirera avec une ridicule amende de 7550 $. La semaine dernière, c’est à Rosemont  que l’on faisait tomber deux arbres de plus de 65 ans pour faire place à un nouveau projet immobilier.

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Le sort inadmissible d’un autre géant, avenue Christophe-Colomb

Hélas! Dans trop de cas, notre arrondissement ne réserve pas un sort plus enviable à de nombreux arbres matures. Au fil des dernières années, uniquement dans la ruelle Hutchison-Durocher, j’ai été témoin de l’abattage révoltant de plusieurs très gros arbres sains. Le plus souvent, cette hécatombe s’est faite tout à fait illégalement par des propriétaires dépourvus d’une quelconque conscience écologique.

Mais il est aussi arrivé que l’hôtel de ville d’Outremont ait accordé des permis d’abattage d’arbres en pleine santé. Un permis a déjà été délivré pour terrasser un arbre de 42 centimètres de circonférence « parce qu’il causait un dommage à la clôture mitoyenne ». Une clôture qui, selon les services des communications de l’arrondissement devait être réparée, mais qui, aujourd’hui, cinq ans plus tard, n’a guère meilleure mine! (voir images 1 et 2, ci-bas). Un autre exemple? Pour rendre plus spacieux un espace de stationnement et asphalter une cour mur-à-mur, le conseiller Louis Moffatt n’a pas cru bon de s’opposer à l’abattage d’un arbre imposant en dépit d’une plainte de citoyens (voir images 3 et 4, ci-bas)

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Deux cas où un permis d’abattage n’aurait jamais dû être délivré par l’arrondissement Outremont.

Au nombre de cas recensés, il semble bien que le montant des contraventions ne soit pas suffisamment dissuasif. Pour peu que nous souhaitions préserver, voire développer notre «forêt urbaine», il nous faudra probablement réviser à la hausse les amendes pour les contrevenants. Faut-il rappeler qu’en plus d’embellir notre milieu de vie, ces arbres filtrent l’air et réduisent le nombre d’îlots de chaleur?

Pas plus tard que le 5 mai dernier, une autre tronçonneuse a fait des siennes sur la rue Durocher. Cette fois, on s’attaquait à un arbre de plus de 60 ans. Quatre hommes coupaient allègrement une branche saine de plus de 80 centimètres de circonférence sans se soucier du règlement sur les nuisances qui interdit l’utilisation d’une tronçonneuse le dimanche.

2013-05-05

Pris en flagrant délit sur la rue Durocher, le dimanche 5 mai dernier.

Lors de la séance du conseil d’arrondissement du 6 mai, ni la mairesse Cinq-Mars, ni le directeur de l’aménagement urbain et patrimoine n’étaient en mesure de nous dire s’il fallait un permis pour éliminer des «branches inutiles» d’une telle dimension. Or une fonctionnaire travaillant au service des travaux publics nous a appris qu’aucun permis n’est requis pour émonder un arbre.

2009-07-23_5319 Durocher

Devrait-il être permis de scalper un arbre de la sorte?

Théoriquement, cela veut dire qu’un citoyen pourrait couper toutes les branches d’un arbre sans que l’on puisse lui reprocher quoi que ce soit ou le mettre à l’amende. Après tout, il ne l’a pas abattu! Entre nous, il y a certainement là matière à réflexion. Voici un règlement qu’il serait impératif de revisiter. Qu’en pensez-vous?

La cuisine de rue sans malbouffe

Cuisine de rueDepuis quelque temps, la ville centre examinait la possibilité de réintroduire sur la voie publique de la métropole les commerces de nourriture de rue. À Montréal, ce type d’entreprise, que l’on retrouve dans plusieurs villes à travers le monde, était interdit depuis 1947.

Mardi, le maire Michael Applebaum a annoncé qu’à compter du 20 juin, une dizaine de sites pourront accueillir des cuisines de rue dans le cadre d’un projet pilote. C’est sans compter les sites accrédités lors de festivals et d’événements spéciaux.

Auparavant, la commission permanente sur le développement économique et urbain et l’habitation avait été mandatée pour préparer des recommandations à cet égard. Elle a donc procédé à des audiences publiques. Vingt-sept (27) mémoires ont été déposés auprès de la Commission. La plupart préconisaient une position favorable, parfois conditionnelle, à la renaissance de la cuisine de rue à Montréal.

La Commission est favorable à la réinstauration de la cuisine de rue et propose plusieurs balises.

  • La cuisine de rue relèvera de la compétence de la ville centrale et la gestion quotidienne sera déléguée aux arrondissements
  • Des espaces seront réservés aux véhicules destinés à la vente de nourriture de rue, ceux-ci devront libérer l’espace en dehors des heures d’ouverture
  • Les espaces retenus pour ces véhicules seront choisis de telle sorte à ne pas nuire indûment aux commerces déjà établis qui offrent de la nourriture préparée
  • L’offre alimentaire devra s’inscrire dans le contexte d’un Montréal gastronomique : «produits sains», «créativité culinaire» et «offre distinctive»
  • Le tout sous réserve des plus hauts standards de salubrité, de gestions responsables des déchets et des eaux usées ainsi que du strict contrôle du bruit et des «émissions polluantes et olfactives»

Seriez-vous d’accord pour que de tels véhicules de vente de nourriture s’établissent sur la rue Laurier, Van Horne, Bernard ou ailleurs à Outremont?

Ne pas oublier de lirei l’éclairant article de Marie-Claude Lortie dans La Presse du 2 avril

 

La gare de triage d’Outremont – De verrue à grain de beauté

Un peu d’histoire, des projets et des craintes.

Derrière ses résidences bichonnées et ses ilots de verdure soignée, Outremont a longtemps caché une verrue honteuse grosse comme la moitié de la superficie du parc Lafontaine. Depuis 1886, sa gare de triage avait l’allure  d’une cour à ferraille inhospitalière. Des wagons et des conteneurs remplis de marchandises de toutes sortes y ont transité pratiquement depuis l’incorporation de l’ancienne ville d’Outremont.

Vue aérienne du campus Outremont

Vue aérienne du campus Outremont (cliquer pour agrandir)

Il y a quelques années à peine, le terrain de la gare de triage a été le théâtre d’une âpre controverse entre ceux qui souhaitaient y voir s’y implanter le nouveau CHUM et ceux qui tenaient à ce que l’Université de Montréal y érige son nouveau campus. Ces derniers ont remporté la mise et il a été convenu que ce vaste espace abriterait le nouveau pavillon des sciences, ainsi que du logement et des parcs publics.

Voici là une opportunité aussi fantastique qu’inespérée de développement de la qualité de vie du quartier et de l’ensemble de l’arrondissement d’Outremont qui ne comptait guère plus d’espace vacant.

En février 2007, l’Office de consultation publique de Montréal avait tenu sa première séance d’information publique. À l’époque, l’Université de Montréal qui avait d’abord souhaité qu’il n’y ait aucune rue véhiculaire qui traverse le campus, avait changé d’idée. Des rues traverseraient le nouveau campus, mais les autorités s’étaient faites rassurantes quant à l’impact de son projet sur la circulation automobile.

Cela n’avait pas empêché de nombreux résidents et des experts en urbanisme de craindre l’augmentation de la circulation, entre autres, sur les avenues McEachran, Davaar et Van Horne et de faire remarquer que l’accent n’avait pas été suffisamment mis sur le développement du transport en commun. Certains ont même mis en doute l’étude de simulation de circulation qui n’aurait pas tenu compte de la hausse de 62 % du parc automobile québécois entre 1985 et 2005.

Le 22 janvier dernier, l’Université de Montréal a fait une nouvelle présentation d’information destinée aux citoyens. On nous a fait un compte-rendu de l’avancement des travaux depuis avril 2012. Nous avons, entre autres, appris que les travaux de réhabilitation et de décontamination ont été exécutés sur 85 % du site.

Au cours de la période de questions qui a suivi l’exposé (voir la vidéo), des résidents n’ont pas manqué d’afficher une certaine surprise.

Alors qu’en 2006, l’avenue de la Promenade (l’axe central de la circulation automobile sur le campus) avait été présentée comme une majestueuse aire très large avec un terre-plein central planté d’arbres, la prestigieuse artère avait été revue et corrigée de sorte qu’elle a été ramenée à une rue « ordinaire » comme on les connaît partout ailleurs à Montréal.

D’autre part, il a paru étonnant à certains citoyens d’entendre le directeur général de la Direction des immeubles de l’Université de Montréal et la chargée de projets à la Ville de Montréal répondre à leurs questions avec un certain flou artistique. « Il se peut que… », « Il est possible que… » ou « On souhaite qu’il n’y ait pas de circulation de transit dans les rues d’Outremont ». Parle-t-on en toute connaissance de cause ou s’agit-il plutôt de vœux pieux ?

Étant donné l’ampleur de l’entreprise et en dépit des années que des experts ont passées à étudier les différentes facettes du dossier de la gare de triage, il n’est peut-être pas anormal que les ficelles ne soient pas toutes attachées. On en retire tout de même un enseignement. Les citoyens doivent demeurer vigilants afin de s’assurer que ce grand projet ne nuise pas à leur qualité de vie. À titre d’exemple, le sens de la circulation sur certains tronçons de rues au sud du nouveau site universitaire ne devrait-il pas être étudié plus à fond afin de préserver la quiétude des rues résidentielles?

Pour prendre connaissance des prochaines étapes du projet, consultez le plan de développement économique, urbain et social (PDUES) des secteurs Marconi-Alexandra, Atlantic, Beaumont, De Castelnau. Il s’agit du document de référence qui guidera les interventions de la Ville et de ses partenaires sur ce territoire au cours des dix ou vingt prochaines années.

Le PDUES fera l’objet d’une consultation par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) dans les prochains mois. Nous vous en tiendrons informés en temps opportun.

Consultez également le rapport résumant les conclusions de la démarche de planification participative, ainsi que le plus récent communiqué de presse de la ville.