Le patrimoine bafoué

Outremont s’est toujours targuée de prendre grand soin de son patrimoine bâti. Il y a presque 30 ans, la firme d’architectes Pierre-Richard Bisson et associés avait été mandatée par le ministère de la Culture du Québec et l’ancienne Ville d’Outremont pour produire un rapport sur son riche patrimoine. Le document qui avait été déposé en 1993 permettait d’identifier les éléments d’Outremont qui ont une valeur patrimoniale, les facteurs de détérioration qui risquaient de les déprécier au fil du temps et les moyens qui pouvaient contribuer à leur conservation et à leur mise en valeur.

«L’Étude Bisson», comme on l’a baptisée, a établi une classification des bâtiments qui tient compte, entre autres, de leur originalité, de leur conception exceptionnelle ou tout à fait remarquable. On peut même consulter sur Internet les fiches descriptives de ces immeubles particulièrement prisés.

En 2015, l’arrondissement publiait encore un document dans lequel il soutenait que la mission du service d’aménagement était d’assurer l’intégrité des bâtiments. Il ne s’agissait pas de se préoccuper uniquement des immeubles qui trônent dans l’Étude Bisson. Sur papier, c’est louable. Hélas! Il semble que les bottines ne suivent pas toujours les babines.

Dans cet arrondissement où il est impossible de changer la couleur de la peinture des fenêtres de sa maison sans l’autorisation expresse du Service de l’aménagement urbain et patrimoine, on peut en revanche saccager sans aucun état d’âme la façade d’une résidence au cachet particulier.

Pour n’en donner qu’un exemple, prenons cette propriété qui, depuis près d’une centaine d’années, borde le parc Outremont.

changement façade (5)

N’étant pas spécialiste du domaine, je ne saurais affirmer qu’elle est exceptionnelle, mais je ne me souviens pas en avoir vu une autre dont le granit est appliqué comme une touche de mascara aux fenêtres. Et puis il y a cette double corniche qui la ceinture. La première frise, toute fignolée, ajoute du panache à la résidence. La plus haute, elle, couronne littéralement la façade.

Visuellement, ces éléments architecturaux auraient fort bien pu «écraser» cette propriété unifamiliale. Heureusement, l’architecte de l’époque a eu l’intelligence d’agencer le tout en y incorporant une brique de couleur paille. Du coup, l’ensemble regagne en légèreté et en luminosité. Du beau travail, quoi!

En  2015, cependant, le propriétaire a souhaité changer le look de sa vénérable résidence. Et puisque le Service de l’aménagement urbain est là pour «préserver le cadre bâti exceptionnel existant de l’arrondissement», le propriétaire a dû y déposer une demande de permis. Les plans fournis par le résident ont également dû être étudiés par le Comité consultatif d’urbanisme d’Outremont (CCU). Vous êtes curieux de voir les modifications qu’a finalement pu entreprendre le propriétaire? Taram!

Untitled-6Si c’est ça la préservation du patrimoine…

Vous me direz que les balcons et les colonnes n’ont pas encore été reconstruits. Mais même si ceux-ci sont éventuellement refaits à l’identique de ce qui existait, il n’en demeure pas moins que cette résidence aura été défigurée à jamais. Il n’y a qu’à voir l’insignifiante fadeur de la brique, la perte incroyable de luminosité de cette façade et la banalité des nouvelles corniches pour vous donner le goût de pleurer.

Corniches 2016-2017

Je reconnais que cette résidence cossue ne se trouve pas dans l’Étude Bisson. Mais est-ce une raison pour la dénaturer de la sorte? D’autant plus qu’elle flanque la maison de Mme Oscar Amiot qui, elle, figure au palmarès de l’architecte Bisson dans la catégorie des «bâtiments tout à fait remarquables».

2016-2017

À droite, la maison Amiot. Elle doit s’ennuyer de son ancienne voisine disparue!

Personnellement, si j’habitais la maison Amiot, je ne sauterais certainement pas de joie en voyant de quelle façon on a rendu méconnaissable ma voisine. Non seulement ces travaux ne mettront pas en valeur la propriété, mais ils en altéreront le paysage. Et je ne parle même pas de la valeur économique. Il s’agit d’une perte pour l’ensemble du patrimoine architectural d’Outremont.

Comment a-t-on pu laisser se produire un tel gâchis? Tous les goûts étant dans la nature, on ne peut pas blâmer son propriétaire qui a dû obtenir l’autorisation de l’arrondissement pour aller de l’avant. Mais alors, que s’est-il passé? Quelqu’un aurait-il fermé les yeux pour accommoder le propriétaire? Quelque chose m’échappe.

À peine quatre immeubles plus au sud, je n’ose croire que l’arrondissement donnerait son aval au propriétaire de la maison Aristide Beaugrand-Champagne (voir illustrations ci-dessous) qui souhaiterait simplement en changer la couleur ou «moderniser» sa cheminée. Il ne s’agirait pourtant que d’une couche de peinture et d’un peu de tôle!

maison Aristide Beaugrand-Champagne -avant - après BR

Comment réagiriez-vous si l’arrondissement autorisait le propriétaire de la maison Beaugrand-Champagne de peindre sa maison de la sorte? Et on ne parle même pas de remplacer le revêtement extérieur!

Quand on voit le peu de cas que l’arrondissement semble faire d’un dossier d’importance, on comprend mieux qu’il ne se soucie guère du cas des galeries en bois qui sont démolies pour être remplacées par une dalle et des marches de béton armé, comme on en est témoin ci-bas, toujours sur Bloomfield.

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En plus d’avoir permis de remplacer le bois de la galerie et des marches par du béton, l’arrondissement a autorisé le rétrécissement des marches, ce qui change grandement l’allure de ce triplex.

Il semble que personne à l’hôtel de ville ait même noté que ce résident de la rue Querbes (au coin de Fairmount) a choisi de «dissimuler» son système de climatisation par un bric-à-brac de contreplaqué. D’un chic fou!

2017-02 vue latérale du 198, avenue Querbes BR

Et vive les belles paroles et les beaux énoncés de principe… creux!

L’asphaltage «de contournement»

Alors qu’il y a quatre jours,  nous apprenions qu’à Outremont, des contrats de réfection de certaines rues avaient été accordés sur la base de simple brouillons, il semble que les choses ne vont pas en s’améliorant au niveau de l’asphaltage dans l’arrondissement. 2014-08-07 asphaltage bâclé - TVA MIDI

Ce midi, Yves Poirier a attaché un nouveau grelot au cafouillage des autorités d’Outremont en matière d’asphaltage. Dans son reportage diffusé à TVA Nouvelles, il nous montre le manque flagrant de coordination entre les services de l’arrondissement d’Outremont et certains entrepreneurs privés.  2014-08-07 asphaltage coin Bernard et Bloomfield.01

Au moment où vous lisez cette chronique, voici le résultat des travaux d’asphaltage au coin des rues Bernard et Bloomfield. Les autorités de l’arrondissement n’ont même pas tenté de joindre les responsables du réseau Bixi pour leur demander de déplacer la station de vélos en libre-service pour permettre l’asphaltage adéquat de ce tronçon de la rue Bloomfield. Pourtant, chez Bixi, on dit que cela ne prend qu’une quinzaine de minutes.

En ces temps de compressions et de restrictions budgétaires, combien nous coûtera ce cafouillage? Le porte-parole de l’arrondissement dit ne pas être en mesure de fournir de chiffre. Je comprends les responsables de l’hôtel de ville de ne pas avoir trop le goût de nous dire ce qu’il faudra débourser pour réparer cette bourde.

Comme l’a écrit un commentateur d’un article de Radio-Canada sur le même sujet:
«Les cols bleus en ont peut-être parlé à leur contremaître. Le contremaître a répondu qu’il en parlerait à son supérieur. Le supérieur était en congé pour trois semaines. Le patron du supérieur n’avait pas de temps à perdre avec ce genre de détails. Le contremaître a dit à son équipe de faire le travail pour ne pas avoir de problèmes dans l’immédiat. Puis il est parti en vacances, lui aussi, pour trois semaines. Les porte-paroles de l’arrondissement ont porté leur parole… Et ils prendront eux aussi des vacances bien méritées. On fera, début septembre, appel à une firme de relations publiques pour gérer la crise. En octobre on aura tout oublié.»

Montréal au temps des vaches grasses

À la mi-septembre 2013, alors que la campagne électorale battait son plein, le conseil municipal de Montréal a adopté le programme triennal d’immobilisations (PTI). Ce fameux plan prévoit des dépenses de 3,78 milliards que l’administration compte réaliser entre 2014 et 2016 «pour bâtir une ville à la mesure des attentes des citoyens, dans un contexte de ressources limitées et en fonction d’un objectif de stabilisation de l’endettement.»

Bien qu’au moment de son adoption, une majorité du conseil municipal de Montréal promettait de tabletter le PTI après les élections du 3 novembre 2013, on aura compris que les milliards ont déjà bel et bien commencé à être dépensés pour la réfection des infrastructures routières et de l’eau, sans oublier les festivités du 375e anniversaire de Montréal.

À Outremont, j’en ai eu la preuve le 16 juillet. Sur l’avenue de L’Épée, entre Fairmount et Elmwood, des travailleurs se préparaient à scier des tronçons de trottoir des deux côtés de la rue. 2014-07-16 trottoirs de L'Épée

Ces trottoirs montraient bien quelques fissures ici et là (voir ci-haut), mais il me semblait que leur état ne présentait aucun risque pour les piétons, les joggeurs, les poussettes ou même les marchettes. Ma surprise a été d’autant plus grande que sur le site de la Ville de Montréal, on nous rappelait clairement que l’administration municipale se trouvait «dans un contexte de ressources limitées»! Qu’est-ce que ça serait si elle nageait dans l’argent? De quoi laisser songeurs les contribuables que nous sommes.

Des travaux de même nature sont également entrepris sur les rues Outremont (entre Bernard à St-Viateur), Antonine-Maillet (entre Van Horne et Lajoie) et McNider (de St-joseph à Côte-Ste-Catherine). Des amis m’ont demandé si je savais quels étaient les résidents assez puissants sur ces rues-là pour que la Ville accepte d’y engloutir autant d’argent sur les trottoirs et la chaussée.

Mais il y a plus surprenant encore. Le 4 août, le journaliste Yves Poirier nous apprenait au TVA Nouvelles que les contrats avaient été accordés à des entrepreneurs alors que la liste des travaux à effectuer n’existe encore qu’à l’état de brouillon. Je vous recommande vivement de lire la chronique de la conseillère indépendante de Céline Forget qui s’insurge de se voir refuser l’accès à des documents publics reliés à un contrat qu’on lui demande d’approuver.2014-08-06 Saint-Viateur et Outremont

Pour ne rassurer personne, les étiquettes appliquées sur les cônes orange qui se trouvent au coin des rues Saint-Viateur et Outremont indiquent qu’ils sont la propriété du Groupe Hexagone!  Ça ne vous dit rien? Hexagone… Accurso… Unité permanente anticorruption (UPAC)? La Presse en a parlé pas plus tard que le 22 juillet dernier.

Avant de crier au loup

Au moment où l’on fête les dix ans de la fusion de 19 arrondissements, la grande réforme du financement annoncée le 8 juillet dernier par le maire de Montréal s’est avérée un véritable pavé dans la mare pour de nombreux maires.

Ce que Denis Coderre prévoit être «une des réalisations les plus structurantes de l’histoire de la nouvelle Ville» ébranle plusieurs arrondissements. Et pour cause. Neuf d’entre eux verront leur budget grugé de plusieurs millions de dollars sur une période de 10 ans. Outremont sera le plus durement touché avec une ponction de 4 M$, soit une perte de 19,3% de son budget de fonctionnement.

Dans le cadre de cette réforme, plusieurs responsabilités qui incombaient aux arrondissements seront rapatriées à la ville-centre. Ainsi, la collecte des déchets, le développement économique, la tarification de certains permis ne relèveront plus des arrondissements. Quant au nombre d’artères gérées directement par l’administration municipale, il passera de 24 % à 52 % du réseau routier. L’argent généré par les parcs de stationnement et les parcomètres échappera aux arrondissements pour être détourné dans les coffres de la ville-centre. Cela pourrait aussi être le chant du cygne de la Sécurité publique sur le territoire d’Outremont.

Frustrés par ce qui a été annoncé, la mairesse d’Outremont et le maire d’Anjou envisagent même de mener une cabale pour que leurs arrondissements puissent faire marche arrière et se défusionner. Pour l’instant, aux yeux de Pierre Moreau, ministre des Affaires municipales, cela n’est que de «la prose», car rien dans la loi ne prévoit la possibilité des défusions.Les torts de Cinq-Mars

Dans une entrevue accordée à L’Express d’Outremont, la mairesse Cinq-Mars indique que pour l’instant, sa préoccupation première est de garder les citoyens de son arrondissement bien au fait des développements du dossier.

Pourtant, tant sur le site du parti de la mairesse que sur le site de l’arrondissement d’Outremont, les citoyens n’ont rien à se mettre sous la dent pour se faire une idée de la problématique du dossier qui a tant fait la manchette au début de juillet. Remarquez que sur le site de Projet Montréal, le parti de Richard Bergeron, ce n’est guère mieux.

En attendant que tous ces gens reviennent de leurs chalets et avant de crier au loup, je vous invite à consulter le document officiel sur la Réforme du financement des arrondissements de Montréal. Nous aurons l’occasion d’en reparler très bientôt.Je remercie Céline Forget, la conseillère indépendante du district Joseph-Beaubien, pour sa vigilance de tous les instants.

Du bon usage des fonds publics

Comme si nous avions besoin de ça! Mardi, nous avons appris que des soupçons de collusion planaient sur Outremont. Selon le vérificateur général de la Ville de Montréal, au cours des neuf dernières années, notre arrondissement a octroyé tous les contrats de déneigement et de collecte des ordures à une seule et même entreprise. (Voir son rapport, p. 536 et ss). Les suspicions sont telles que Jacques Bergeron a transmis ses informations à l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Pour faire changement, ça ne sent pas bon.Document6 copy

Depuis que la commission Charbonneau a été mise en place, les politiciens n’ont de cesse de parler de transparence et d’imputabilité. Comment se fait-il que la mairesse Cinq-Mars et ses fonctionnaires responsables n’aient pas encore acquis le réflexe de faire jouer la concurrence dans ces gros et juteux contrats?

Remarquez qu’il ne suffit pas de se préoccuper des gros contrats. Chaque geste impliquant un déboursé pour l’arrondissement devrait être avalisé par les autorités municipales et l’information transmise de façon transparente aux élus du conseil.

Lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement, les citoyens ont été à même de vivre un exemple de confusion et de mauvaise communication de la part de l’arrondissement qui a frustré tout le monde.

Au cours des deux derniers mois, des résidents de l’avenue de L’Épée se sont regroupés afin de créer le comité Fleurir de L’Épée. Le prétexte pour rapprocher les résidents a été de confectionner des jardinières qui seraient distribuées aux voisins qui habitent sur le tronçon de rue entre Van Horne et Lajoie.Scan0008

Selon ses organisateurs, l’heureuse initiative a été un franc succès. Ils ont toutefois déploré la démarche d’une conseillère municipale qui, après l’évènement, a demandé aux cols bleus qui avait donné l’autorisation d’utiliser un tracteur et deux camionnettes de type pick-up appartenant à l’arrondissement.

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L’utilisation de la machinerie et la main-d’œuvre municipale aurait d’abord dû être approuvée par le conseil.

Certaines personnes ont perçu le questionnement de la conseillère municipale comme un geste destiné à remettre en cause l’évènement. Le problème, dans ce cas précis, tient au fait que le projet n’avait pas d’abord été présenté aux élues comme cela se fait toujours. Dans les circonstances, pouvait-on reprocher à une élue de s’assurer que la machinerie et la main-d’œuvre municipale aient été utilisées à bon escient, selon les règles établies et en toute transparence? Il semble que non.

Le plus surprenant dans cette affaire, c’est encore d’entendre la mairesse dire ne pas être certaine s’il aurait fallu que la demande du comité Fleurir De L’Épée soit déposée au Conseil. Les exemples semblables sont pourtant légion. Rappelez-moi une chose. Cela fait combien d’années que la mairesse Cinq-Mars siège au conseil, déjà? Douze ans! Hum! C’est peut-être elle qui aurait besoin de suivre la formation qu’elle souhaitait faire prendre aux trois nouvelles conseillères de l’arrondissement.

Outremont, la mal chaussée

Lorsqu’il s’agit de déneiger les rues et ruelles d’Outremont, l’arrondissement n’y va pas avec le dos de la pelle. En décembre 2009, un reportage de Radio-Canada nous apprenait que notre service de déneigement coûtait 75 000 $ par kilomètre de rue contre une moyenne de 33 000 $ dans les arrondissements montréalais. À ce chapitre, Outremont occupe la première marche sur le podium de la cherté.

En revanche, lorsqu’il est question de l’état de la chaussée des rues résidentielles, Outremont arrive en queue de peloton avec plus de 7 % de ses rues jugées dans un état critique. C’est ce que révèle le tout premier Plan d’intervention intégré adopté par la Ville de Montréal. Nous partageons ce score déplorable avec Ahuntsic-Cartierville, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, le Sud-Ouest, Verdun et Lachine. C’est à se demander si la mairesse Cinq-Mars ne préfère pas la motoneige au vélo!2014-05-07 État de la chaussée dans Outremont

Cette piètre performance pourrait surprendre certains résidents qui apprendront que Mme Cinq-Mars occupait depuis des années et, jusqu’à tout récemment, la présidence du Comité circulation et stationnement de l’arrondissement.

Mais il y a pire. Il y a quelques semaines à peine, Marie Cinq-Mars a impulsivement décidé de retirer à la conseillère Céline Forget la responsabilité de présider au Comité circulation et stationnement qu’elle venait pourtant tout juste de lui confier. Madame Forget avait-elle commis une faute? Pas du tout.

Le problème est d’un tout autre ordre. La mairesse ressent le besoin irrépressible de tout contrôler et de retenir l’information. Non seulement est-elle incapable de déléguer, mais sa rigidité partisane la rend inapte à travailler en collégialité avec ses collègues qui, rappelons-le, ont toutes été élues par les citoyens de l’arrondissement.

Marie Cinq-Mars a peut-être quitté le parti Union Montréal qui l’a formée, mais les travers de la défunte Union Montréal n’ont pas quitté la mairesse. Si bien que les enjeux de la circulation, de la réfection du viaduc Rockland, des pistes cyclables, du transport actif risquent encore d’être menés à la va-comme-je-te-pousse.

Faut-il s’étonner, dans les circonstances, que les conseillères Lucie Cardyn et Jacqueline Gremaud aient décidé, le cinq mai dernier, de larguer Mme Cinq-Mars et de siéger comme indépendantes afin de pouvoir travailler sans être entravées par une partisanerie malsaine et contre-productive? La démocratie ne pourra en être que mieux servie. Nous ne pouvons que les en féliciter!

Marie Cinq-Mars perd ses deux conseillères

Lucie Cardyn et Jacqueline Gremaud, les deux courageuses conseillères démissionnaires qui souhaitent désormais avoir les coudées franches pour servir les citoyens d’Outremont.

 

 

Une fête enfin satisfaisante

Ce printemps, c’est la première fois en sept ans que la fête du Pourim se déroule en respectant généralement le règlement interdisant la circulation des autobus sur nos rues résidentielles. La plupart des citoyens ont été satisfaits de la façon dont la fête a été menée. Les deux conseillères Jacqueline Gremaud et Lucie Cardyn qui ont participé à la fête du Pourim dans la nuit du 15 au 16 mars dernier ont, elles aussi, salué l’atmosphère qui a régné lors de la fête (voir l’extrait vidéo).

Dans l’ensemble, tout s’est si bien passé qu’aucun citoyen de la communauté ultraorthodoxes ne s’est présenté au micro lors de la période de questions pour dire que l’interdiction des autobus avait nuit ou gâché la tenue de leur fête. Il ne reste donc plus qu’à espérer qu’il s’agisse d’un bon présage pour l’avenir.

Autobus  à double essieu interdit à Outremont

Autobus à double essieu interdit à Outremont

Étant donné que l’évènement s’est déroulé rondement, j’ai demandé à la mairesse et aux quatre conseillères d’Outremont de nous confirmer qu’elles n’avaient aucune intention de modifier le règlement 1171 sur la circulation des autobus dans les rues résidentielles. Rappelons que depuis plusieurs années, les dirigeants hassidiques exercent d’énormes pressions sur les élus afin que le règlement adopté en 2003 soit assoupli afin de permettre aux autobus à double essieu de circuler dans l’arrondissement.

Marie Cinq-Mars, Lucie Cardyn, Jacqueline Gremaud et Céline Forget ont été catégoriques. Le règlement actuel est là pour rester, tel quel. Seule Mindy Pollak a esquivé la question. Après s’être assurée auprès de la mairesse (voir la photo ci-bas) que la question du règlement n’allait pas être discutée au cours de la soirée, la conseillère hassidique s’est limitée à dire : «Ce n’est pas à l’ordre du jour, donc… certainement pas aujourd’hui» (pour visionner toute la période de questions, cliquer ICI).

Pendant la période de question, il semble que Mindy Pollak soit allée demander à Marie Cinq-Mars si le règlement 1171 était à l'ordre du jour.

Pendant la période de question, il semble que Mindy Pollak soit allée demander à Marie Cinq-Mars si le règlement 1171 était à l’ordre du jour.

Son esquive ne trompait personne. À preuve, le 14 avril dernier, Mindy Pollak a publié une lettre  supposément destinée aux résidents qui l’ont fait élire.  Une lettre qui commence ainsi:
«Dear Residents, Purim has b”h passed and Pesach is almost here,
  but I feel it is important that I write to you about the bus issue».

Plus de cinq mois après son élection, non seulement la conseillère ne se préoccupe pas de s’adresser en français aux citoyens qu’elle est supposée représenter, mais son unique canal de communication est le site ultraorthodoxe Bill 613. Comme l’a si bien dit un citoyen du Plateau, c’est vrai que l’Express d’Outremont, ça ne rejoint pas sa clientèle-cible!

On se demande également pourquoi la conseillère Pollak n’en démord pas avec cette histoire d’autobus puisque tout le monde a admis au cours de cette séance du conseil que la fête du Pourim a été couronnée de succès. Une histoire à suivre.

Le savoir éclairé

Le 15 septembre 2013, je vous ai fait part du projet de réfection complète des infrastructures de l’avenue Laurier prévu pour 2014-2015. À ce moment-là, je me demandais si nous pouvions espérer un reverdissement adéquat de cette artère commerciale de prestige. Je n’avais pas cru nécessaire de parler de la prudence élémentaire dont il faut faire preuve dans l’octroi des contrats à venir.Ma vision pour l'avenir de l'avenue Laurier Avec tout ce que l’on entend depuis des mois à la commission Charbonneau, nous aurions pu espérer que la mairesse d’Outremont ait acquis le réflexe de redoubler de prudence avant d’accorder quelque contrat que ce soit.

Or, le 5 mars dernier, Marie Cinq-Mars a carrément pété un plomb en pleine assemblée du conseil (voir la courte vidéo). Pourquoi diable a-t-elle disjoncté? Simplement parce qu’une conseillère ne souhaitait pas que le conseil octroie à la légère un contrat pour l’élaboration d’un concept de réaménagement de l’avenue Laurier.

La crise de colère de Marie-Cinq-Mars en quatre temps Avant de donner son aval à ce contrat de 131 588,32 $, la conseillère indépendante Céline Forget réclamait de pouvoir prendre connaissance de la soumission et des résultats globaux et ventilés de la grille d’évaluation des soumissions. Était-ce un crime de lèse-majesté? La mairesse n’a-t-elle pas tiré de leçons des méthodes frauduleuses qu’utilisaient ses anciens collègues d’Union Montréal? C’est à désespérer.

Pour connaître le fin fond de cette histoire, cliquez ICI

La conseillère de tous les citoyens

Le 3 novembre 2013, Projet Montréal faisait élire Mindy Pollak dans le district  Claude-Ryan d’Outremont. Sur le site du parti de Richard Bergeron, on lit que l’élection de cette jeune Juive hassidique résidente du Plateau «lui donnera l’occasion de faire une différence et d’amener un vent de changement au sein de son quartier qu’elle aime tant ».

À l’époque, Mme Pollak avait annoncé la création imminente du blogue mindypollak.ca pour tenir ses électeurs informés. Cela fait plus de quatre mois que la conseillère a été élue à Outremont et les citoyens de son district n’ont toujours pas eu le moindre signe de vie de sa part.  Encore aujourd’hui, si vous tentez d’accéder à son blogue, Google  affiche Nothing found.

site web Mindy Pollak

Jusqu’à ce jour, Mindy Pollak a délibérément choisi de ne s’adresser aux citoyens d’Outremont que par le truchement de Bill 613, un blogue hassidique unilingue anglophone créé «to serve our collective Orthodox Jewish community as your one voice and reliable source». Mindy Pollack au cours de sa campagne électorale

Ne trouvez-vous pas étonnant que cette conseillère qui se targuait de représenter tous les citoyens de son district n’ait pas encore trouvé une façon de s’adresser à ses électeurs non hassidiques?

En ce qui concerne sa priorité de favoriser une cohabitation plus harmonieuse et une amélioration des relations intercommunautaires basée sur le dialogue, rappellons que Mindy Pollak est cofondatrice avec Leila Marshy de la page Facebook Friends of Hutchison Street, un groupe créé en catastrophe deux semaines à peine avant la tenue légitime du référendum du 19 juin 2011 sur l’agrandissement contesté d’une synagogue dans un zonage strictement résidentiel.Mindy et Leila

«We are everyone who seeks peace, harmony, dialogue, adventure» lit-on sur la page d’accueil de cette association  dirigée en sous-main par des leaders hassidiques. Pourtant, si vous divergez d’opinion avec les tenancières de cette page Facebook, vous êtes assurés d’être traités de raciste, d’antisémite, de xénophobe, de nazi, de menteur et de bien d’autres quolibets du même acabit.  De toute évidence, les deux associées qui travaillent main dans la main n’exercent aucune forme de modération de leur page Facebook. Leurs lecteurs (à 95% anglophones et en grande majorité de confession juive) pourront continuer de crier aux Outremontais qui divergent d’opinion avec eux «I hate Outremont nazis!». Vive le dialogue!

Le réseau blanc à Outremont

À Outremont, depuis le début de l’hiver, il n’y a pas que la neige qui s’impose. Un nombre inhabituel de Yétis du vélo a pris d’assaut la piste cyclable du chemin de la Côte-Sainte-Catherine.

Untitled-2 copyInsatisfaits du fait que l’arrondissement ne déblayait pas la piste cyclable qui passe juste devant l’hôtel de ville de l’arrondissement, ces inconditionnels de la bécane sont débarqués aux séances du conseil d’arrondissement de décembre 2013 et janvier 2014, pelle en main. Ils ont demandé la mise sur pied d’un projet pilote de déneigement de la piste qu’empruntent de plus en plus d’étudiants qui fréquentent l’Université de Montréal.

Au départ, la mairesse Cinq-Mars n’était pas très chaude à l’idée. Aussi l’arrondissement a d’abord prétendu que le déblaiement de la piste cyclable sur 1,6 kilomètre coûterait 100 000$ par hiver, dont 20 000$ d’abrasifs. Selon Maxime Dorais, cette prétention ne tenait pas la route. Comme le cycliste l’a lui-même raconté le 28 février dernier sur les ondes de Radio-Canada (aller à 16h51), cette évaluation voudrait dire qu’il en coûterait trois fois plus cher de déneiger la piste cyclable que d’entretenir une rue avec ses trottoirs et ses deux voies.Maxime Dorais Trouvez l’erreur.

Le cycliste Maxime Dorais lors de son intervention de janvier 2014 à l’assemblée du conseil d’Outremont

Heureusement pour M. Dorais, la conseillère indépendante Céline Forget  a proposé un  projet pilote de déneigement pour cet hiver qui a pris de court la mairesse. D’autant plus que toutes les conseillères de l’arrondissement ont appuyé sa proposition. À ce jour, les cyclistes semblent ravis de l’initiative de Mme Forget.

Il reste cependant à peaufiner la solution qui conviendra aussi aux riverains de la piste cyclable qui se sentent un peu coincés au moment de devoir déneiger leurs entrées de cour.