Le patrimoine bafoué

Outremont s’est toujours targuée de prendre grand soin de son patrimoine bâti. Il y a presque 30 ans, la firme d’architectes Pierre-Richard Bisson et associés avait été mandatée par le ministère de la Culture du Québec et l’ancienne Ville d’Outremont pour produire un rapport sur son riche patrimoine. Le document qui avait été déposé en 1993 permettait d’identifier les éléments d’Outremont qui ont une valeur patrimoniale, les facteurs de détérioration qui risquaient de les déprécier au fil du temps et les moyens qui pouvaient contribuer à leur conservation et à leur mise en valeur.

«L’Étude Bisson», comme on l’a baptisée, a établi une classification des bâtiments qui tient compte, entre autres, de leur originalité, de leur conception exceptionnelle ou tout à fait remarquable. On peut même consulter sur Internet les fiches descriptives de ces immeubles particulièrement prisés.

En 2015, l’arrondissement publiait encore un document dans lequel il soutenait que la mission du service d’aménagement était d’assurer l’intégrité des bâtiments. Il ne s’agissait pas de se préoccuper uniquement des immeubles qui trônent dans l’Étude Bisson. Sur papier, c’est louable. Hélas! Il semble que les bottines ne suivent pas toujours les babines.

Dans cet arrondissement où il est impossible de changer la couleur de la peinture des fenêtres de sa maison sans l’autorisation expresse du Service de l’aménagement urbain et patrimoine, on peut en revanche saccager sans aucun état d’âme la façade d’une résidence au cachet particulier.

Pour n’en donner qu’un exemple, prenons cette propriété qui, depuis près d’une centaine d’années, borde le parc Outremont.

changement façade (5)

N’étant pas spécialiste du domaine, je ne saurais affirmer qu’elle est exceptionnelle, mais je ne me souviens pas en avoir vu une autre dont le granit est appliqué comme une touche de mascara aux fenêtres. Et puis il y a cette double corniche qui la ceinture. La première frise, toute fignolée, ajoute du panache à la résidence. La plus haute, elle, couronne littéralement la façade.

Visuellement, ces éléments architecturaux auraient fort bien pu «écraser» cette propriété unifamiliale. Heureusement, l’architecte de l’époque a eu l’intelligence d’agencer le tout en y incorporant une brique de couleur paille. Du coup, l’ensemble regagne en légèreté et en luminosité. Du beau travail, quoi!

En  2015, cependant, le propriétaire a souhaité changer le look de sa vénérable résidence. Et puisque le Service de l’aménagement urbain est là pour «préserver le cadre bâti exceptionnel existant de l’arrondissement», le propriétaire a dû y déposer une demande de permis. Les plans fournis par le résident ont également dû être étudiés par le Comité consultatif d’urbanisme d’Outremont (CCU). Vous êtes curieux de voir les modifications qu’a finalement pu entreprendre le propriétaire? Taram!

Untitled-6Si c’est ça la préservation du patrimoine…

Vous me direz que les balcons et les colonnes n’ont pas encore été reconstruits. Mais même si ceux-ci sont éventuellement refaits à l’identique de ce qui existait, il n’en demeure pas moins que cette résidence aura été défigurée à jamais. Il n’y a qu’à voir l’insignifiante fadeur de la brique, la perte incroyable de luminosité de cette façade et la banalité des nouvelles corniches pour vous donner le goût de pleurer.

Corniches 2016-2017

Je reconnais que cette résidence cossue ne se trouve pas dans l’Étude Bisson. Mais est-ce une raison pour la dénaturer de la sorte? D’autant plus qu’elle flanque la maison de Mme Oscar Amiot qui, elle, figure au palmarès de l’architecte Bisson dans la catégorie des «bâtiments tout à fait remarquables».

2016-2017

À droite, la maison Amiot. Elle doit s’ennuyer de son ancienne voisine disparue!

Personnellement, si j’habitais la maison Amiot, je ne sauterais certainement pas de joie en voyant de quelle façon on a rendu méconnaissable ma voisine. Non seulement ces travaux ne mettront pas en valeur la propriété, mais ils en altéreront le paysage. Et je ne parle même pas de la valeur économique. Il s’agit d’une perte pour l’ensemble du patrimoine architectural d’Outremont.

Comment a-t-on pu laisser se produire un tel gâchis? Tous les goûts étant dans la nature, on ne peut pas blâmer son propriétaire qui a dû obtenir l’autorisation de l’arrondissement pour aller de l’avant. Mais alors, que s’est-il passé? Quelqu’un aurait-il fermé les yeux pour accommoder le propriétaire? Quelque chose m’échappe.

À peine quatre immeubles plus au sud, je n’ose croire que l’arrondissement donnerait son aval au propriétaire de la maison Aristide Beaugrand-Champagne (voir illustrations ci-dessous) qui souhaiterait simplement en changer la couleur ou «moderniser» sa cheminée. Il ne s’agirait pourtant que d’une couche de peinture et d’un peu de tôle!

maison Aristide Beaugrand-Champagne -avant - après BR

Comment réagiriez-vous si l’arrondissement autorisait le propriétaire de la maison Beaugrand-Champagne de peindre sa maison de la sorte? Et on ne parle même pas de remplacer le revêtement extérieur!

Quand on voit le peu de cas que l’arrondissement semble faire d’un dossier d’importance, on comprend mieux qu’il ne se soucie guère du cas des galeries en bois qui sont démolies pour être remplacées par une dalle et des marches de béton armé, comme on en est témoin ci-bas, toujours sur Bloomfield.

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En plus d’avoir permis de remplacer le bois de la galerie et des marches par du béton, l’arrondissement a autorisé le rétrécissement des marches, ce qui change grandement l’allure de ce triplex.

Il semble que personne à l’hôtel de ville ait même noté que ce résident de la rue Querbes (au coin de Fairmount) a choisi de «dissimuler» son système de climatisation par un bric-à-brac de contreplaqué. D’un chic fou!

2017-02 vue latérale du 198, avenue Querbes BR

Et vive les belles paroles et les beaux énoncés de principe… creux!

Projet Montréal dans Outremont : rumeur, fausses vérités et vrais mensonges

Pour une quatrième semaine d’affilée (une première semble-t-il à l’émission Infoman), Jean-René Dufort s’est payé la tête des élues d’Outremont. Il transpire de ces topos humoristiques l’idée un tantinet sexiste qu’il manquerait d’hommes au conseil d’arrondissement pour que les choses puissent fonctionner rondement.

Le hasard faisant bien les choses, cette cascade de sketchs est déversée sur le réseau public de Radio-Canada au moment même où Projet Montréal cherche à décrocher le district Robert-Bourassa dans le cadre de l’élection partielle en cours à Outremont. Une rumeur circule à l’effet qu’au sein de l’équipe d’Infoman, quelqu’un pousserait très fort en faveur de Projet Montréal.

Tomlinson au conseil d’Outremont, le 2 février 2015: manifestement en pleine campagne électorale

Ce n’est peut-être qu’une rumeur, mais ne comptez pas sur Philipe Tomlinson pour s’en plaindre. Bien au contraire. Frustré de l’élection de novembre 2013, l’homme de Projet Montréal rêve de ce qu’Infoman pourrait qualifier de seconde chance de devenir le… «coq du poulailler»! Écoutez sa lénifiante intervention lors de la période de questions du 2 février dernier. Plutôt décevant de la part d’un homme qui soutient posséder près de 20 ans d’expérience en communications, affaires et relations publiques.

Mais qu’a donc fait Projet Montréal ces dernières années pour espérer récolter les faveurs des électeurs d’Outremont en mars prochain?

Le 10 février dernier, après avoir lancé officiellement sa course, Philipe Tomlinson a dit souhaiter poursuivre la mise en valeur du 1420 Mont-Royal. Il s’agit effectivement d’une cause qui tient à cœur à bien des citoyens d’Outremont. Mais avant ce beau mardi de février, vous rappelez-vous de la dernière fois où Projet Montréal a fait état de ce dossier sur son site ? Il faut reculer… cinq ans en arrière, soit à mars 2010, pour en trouver une trace. C’est ordinaire, vous ne trouvez pas ?

Côté sauvegarde du patrimoine que semble affectionner M. Tomlinson, vous vous souviendrez peut-être de la sortie de Luc Ferrandez contre un projet de stationnement à… Tadoussac. Une citoyenne d’Outremont avait alors rappelé au maire Ferrandez qu’il semblait faire pas mal moins de cas de la décrépitude avancée et décriée d’un certain nombre d’immeubles de son propre arrondissement.

Dans sa biographie, M. Tomlinson soutient que seul Projet Montréal est apte à combattre la réforme des arrondissements de l’administration Coderre. Pourtant, Projet Montréal n’avait rien trouvé de mieux à faire que de s’acoquiner avec la mairesse Cinq-Mars pour voter une taxe supplémentaire de 400 000$ à l’encontre des citoyens d’Outremont.

Tomlinson et sa protégée hassidique, Mindy Pollak, à Infoman

Qui avait appuyé cet amendement de la mairesse ? Nulle autre que Mindy Pollak, la conseillère hassidique de Projet Montréal que Philippe Tomlinson soutenait quotidiennement depuis un an à titre d’attaché politique. Heureusement, les trois conseillères indépendantes ont pu défaire cette proposition.

Le 6 février dernier, premier jour de sa campagne électorale, Tomlinson a déploré que les conseillères indépendantes aient fait reporter la mise sur pied du comité Pollack sur le transport actif. Il s’est évidemment abstenu d’expliquer que c’est par souci de démocratie (un poste de conseiller d’arrondissement étant vacant) que les conseillères indépendantes ont préféré attendre l’élection du 22 mars prochain avant de le faire approuver par l’ensemble du conseil. Était-ce scandaleux ? Y avait-il péril en la demeure ? Rappelons que la conseillère Pollack a été nommé présidente de ce comité il y a plus d’un an (janvier 2014) et qu’elle n’a encore absolument rien entrepris dans ce dossier. On repassera pour l’urgence.

Pour terminer, soulignons que M. Tomlinson claironne dans sa biographie qu’il est Outremontais depuis 10 ans. Or, si tel était le cas, pourquoi diable, dans le cadre de l’élection municipale de novembre 2013, avait-il déclaré son lieu de résidence sur la rue Jeanne-Mance (Plateau Mont-Royal)? Que voilà une grossière entourloupette. Ça promet pour les promesses électorales !

2015-01-19 dans Le Devoir.1

Tomlinson derrière le mordant de son chef, Luc Ferrandez

De chantage et d’intimidation

Ce qui s’est produit à l’hôtel de ville d’Outremont, le 12 janvier dernier, est aussi rare que l’alignement des planètes du système solaire. Tant la conseillère de Projet Montréal, Mindy Pollak que les conseillères Céline Forget et Jacqueline Gremaud ont démenti la mairesse Cinq-Mars sur ce que l’on peut désormais appeler la crise des Souccot.

Cabane sur l'avenue Durocher

Souccot sur l’avenue Durocher

Alors que cela fait cinq mois bien sonnés que le processus de modification du règlement 1177 touchant les cabanes temporaires installées sur les balcons des résidences de la communauté hassidique, Marie Cinq-Mars a eu l’audace de répéter aux citoyens dans la salle qu’elle n’avait jamais été d’accord pour modifier le temps alloué pour monter ou démonter les cabanes. «J’ai toujours dit que ce n’était pas nécessaire.» «Nous avions un règlement qui ne faisait pas problème.» «Les fonctionnaires nous ont rapporté très peu de plaintes.» «Je ne voulais pas mettre de l’huile sur le feu.» «Je souhaitais que la paix soit préservée.»

Dans la salle, certains citoyens se demandaient si la mairesse avait été frappée d’amnésie.

À la suite d’une question d’une citoyenne, Mindy Pollak a contredit la mairesse sur l’origine de l’affaire : «The issue wasn’t raised for the fun of it. The actual by-law was hard to apply». De fait, les fonctionnaires estimaient que le règlement était difficilement applicable puisqu’il ne spécifiait pas de date de début de la période de 15 jours pendant lesquels les cabanes étaient permises.

La conseillère Jacqueline Gremaud s’est, à son tour, étonnée des propos de la mairesse, rappelant que le 6 octobre 2014, cette dernière avait voté pour la proposition d’accorder trois jours avant et après la fête pour l’érection et le démantèlement des cabanes. «Je suis surprise d’entendre Mme Cinq-Mars dire [aujourd’hui] qu’elle ne veut pas ouvrir ce débat alors que tout le travail a été fait. Tout le processus est terminé. Et là, on arrive à l’étape du vote et tout tombe à l’eau et… on revient au règlement qui n’est pas applicable.»

2014-10-29 Plusieurs juifs hassidiques ont assisté à la consultation publique

Séance de consultation publique présidée par Mme Cinq-Mars, le 29 octobre 2014

Non seulement Marie Cinq-Mars a-t-elle voté pour la modification du règlement, mais le 29 octobre suivant, elle a présidé une consultation publique au Centre intergénérationnel pour entendre les doléances et les suggestions des 200 citoyens qui s’y sont présentés. Le 1er décembre 2014, la mairesse a aussi participé au vote du deuxième projet de règlement qui a été adopté à la majorité du conseil. Cette dernière mouture, plus souple que les 15 jours du règlement actuel, accordait davantage de temps aux célébrants puisqu’elle ne comptabilisait plus les jours fériés avant et après la fête.

Quant à la conseillère Céline Forget, elle a dénoncé le fait que Cinq-Mars ait profité de la démission d’une conseillère municipale pour tirer la plug et empêcher la tenue du vote final sur la question. Au diable les centaines de personnes qui ont participé au débat, à toutes les autres qui se sont donné la peine de donner leur avis par écrit. À elle seule, Mme Cinq-Mars semble estimer peser plus lourd que la décision légitime de majorité du conseil.

Mme Forget a aussi déploré le peu de cas dont a fait preuve la mairesse vis-à-vis du processus démocratique. Elle a rappelé qu’un avis public avait été publié en bonne et due forme dans les journaux afin d’informer les citoyens qui auraient pu être en désaccord avec la teneur du nouveau règlement qu’ils pouvaient signer un registre permettant de déclencher la tenue d’un référendum sur la question. Or pas une seule personne ne s’est présentée pour signer ce registre. «C’est bien la preuve que les Outremontais étaient en faveur de ce nouveau règlement.»

Qu’a-t-il pu bien se produire pour que la mairesse se dégonfle une fois tout le processus réglementaire complété?

Une citoyenne de Hampstead qui réclamait une traduction des propos des conseillères (!), a eu la bonne idée de demander à la mairesse si elle avait fait l’objet de pression dans ce dossier.

2015-01-12 Joannie Tansky

Mme Joannie Tansky lors de son intervention à l’hôtel de ville d’Outremont

Par son intervention au micro, Mme Joannie Tansky a répondu à sa propre question: «What you are proposing is the most restrictive law in the world against the jewish people.» Instrumentalisant les horribles évènements qui se sont produits à Paris la semaine dernière, elle a ajouté: «The world is watching you. Especially in these days when there should be tolerance for everyone.»

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Mme Freedman menaçant d’entacher la réputation d’Outremont

Toute de suite après elle, Mme Sharon Freedman, a pris la relève, prétendant qu’une réglementation aussi répressive n’existe même pas dans les parties arabes d’Israël (visionner la séance du conseil, à partir de 1:00:00). Dans son anathème, elle a plaint tous ces pauvres Outremontais qui seront traînés devant les tribunaux, qui se retrouveront en prison (ah, bon?) ou forcés à payer d’énormes contraventions.

Pour conclure, Mme Freedman a lancé une mise en garde. Si ce règlement devait être adopté, elle sortirait l’artillerie lourde: «I will make sure that you will be around all over the world, all over CNN».

C’est après de tels coups de semonce qu’est débarqué Mayer Feig, demandant à chacune des conseillères de s’habituer à se présenter aux l’assemblées du conseil en rapportant une chose positive par mois à propos de sa communauté.

2015-01-12 Feig

Le lobbyiste Mayer Feig s’en prenant aux conseillères indépendantes et à la mairesse

 

Voilà maintenant que le porte-parole hassidique prend les conseillères pour des lobbyistes à sa solde. On aura tout entendu

Les citoyens invités à discuter du sort d’Outremont

Présentée comme une démarche visant à développer un modèle de financement qui assurerait une plus grande équité entre les arrondissements, la réforme du financementdu maire Coderre est loin de faire l’unanimité.

Dans le cadre de cette grande opération de centralisation, non seulement des services comme la cueillette des ordures, le stationnement tarifé et le déneigement relèveraient de la ville centre, mais plusieurs arrondissements perdraient une bonne part de leurs budgets de fonctionnement. Selon les nouveaux critères de calcul, le budget annuel d’Outremont se verrait amputé de 4 M$ (400 000 $ par an pendant dix ans), soit tout près de 20 % de son budget actuel de 20 M$. Aucun autre arrondissement n’est aussi durement frappé par la réforme du financement.

Tout en brandissant la menace de recourir à la défusion de son arrondissement, la mairesse Cinq-Mars exige, avec les chefs des trois partis d’opposition, Luc Ferrandez, Benoit Dorais et Lorraine Pagé, des modifications à la réforme et une indexation des transferts de la ville centre à leurs arrondissements.

Si les critères de la réforme ne sont pas révisés rapidement par l’administration centrale, l’arrondissement
d’Outremont pourrait se trouver dans l’obligation d’avoir recours à une augmentation du taux de la taxe locale ou
de réduire certains services offerts aux citoyens.

Rappelons que le 1er octobre dernier, les trois conseillères indépendantes d’Outremont ont refusé la proposition de la mairesse, Marie Cinq-Mars, qui souhaitait imposer à ses citoyens une « taxe Coderre » pour récupérer le manque à gagner de 400 000 $.

Si vous êtes préoccupés par le sort qui pourrait être réservé aux services qui vous sont offerts, les élus d’Outremont vous invitent à participer à une rencontre publique d’information et de discussion le mardi 4 novembre 2014, de 19 h à 20 h 30, au Centre communautaire intergénérationnel, situé au 999, avenue McEachran.

Les débris des fêtes

Le 2 septembre dernier, lors de la réunion du conseil d’arrondissement, la conseillère de Projet Montréal, Mindy Pollak, a déposé un avis de motion afin de faire modifier le chapitre 6.1 du règlement de zonage 1177. Résultat: une assemblée de consultation publique (ouverte à tous les citoyens) sera tenue le 29 octobre 2014 au Centre communautaire intergénérationnel d’Outremont. (Voir les détails).

2013-10-25 Mindy avec La Presse- détail

Mindy Pollak représente Projet Montréal dans Outremont

Mme Pollak trouve que les 15 jours pendant lesquels l’arrondissement autorise l’érection de cabanes provisoires pour une fête juive ne suffisent pas.

Même si la fête de Souccot ne dure que neuf jours, la conseillère hassidique voudrait que l’arrondissement étende à 24 jours le droit de laisser ces structures sur les balcons ou les terrains des résidents.

Pour justifier la modification du règlement actuel, Mindy Pollak prétend que la construction d’une souccah requiert entre un et trois jours. Il suffit pourtant de voir la façon rudimentaire dont sont conçues les souccot (pluriel de souccah) pour comprendre que même un néophyte pourrait en monter une en à peine quelques heures.

Souccah en façade et en arrière-cour
Qu’elles soient installées en façade ou en arrière-cour, les souccot ne paient pas vraiment de mine.

La conseillère Pollak elle-même décrit les Souccot comme des «constructions assez simples». Il s’agit généralement d’étroits panneaux de contreplaqués fixés à des deux par quatre en épinette. Chaque section est préfabriquée et numérotée. Il suffit de juxtaposer les panneaux, d’y ajouter quelques branchages, trois ou quatre bouts de bois pour soutenir la toile de camping qui fait office de toit et le tour est joué.

Mieux! Mme Pollak nous rappelle que de plus en plus de gens troquent les cabanes de contreplaqué par des souccot «de style lego faits en plastique». Imputrescibles, plus légères et encore plus faciles à assembler, elles ne requièrent plus aucune habileté et se font (et défont) en un tournemain. Même par des adolescents.

Qu’importe les matériaux utilisés, il n’en demeure pas moins que la question de la sécurité de ces structures temporaires soulève l’inquiétude de plusieurs citoyens. Ces dernières années, des incendies causés par des feux de chandelles ont détruit des appartements sur les rues Hutchison et Durocher. Aussi, des gens craignent que les souccot puissent représenter un risque supplémentaire. C’est sans parler qu’il y a quelques jours à peine, une souccah s’est écroulée à Boisbriand, entraînant dans sa chute plusieurs femmes qui s’y trouvaient. Le site hassidique qui rapporte la nouvelle titre «Miracle in Tosh as Sukkah collapses but no serious injuries».

Mindy Pollak est surtout préoccupée par des considérations de commodité et d’accommodements religieux. Soutenant que des familles passent une partie de la fête de Souccot à l’extérieur de la ville, elle estime que cela peut leur laisser peu de temps, à leur retour, pour démanteler leur cabane dans les délais impartis par le règlement actuel.

Débris de souccah que ses propriétaires ne se sont jamais soucier de remiser.

Que répondre à cela sinon que les autorités municipales ne peuvent être tenues de prendre en compte les séjours de vacances de tout un chacun pour administrer l’arrondissement. Des situations similaires se vivent tous les jours dans nos quartiers. Si vous prenez l’avion, que vous n’avez pas de garage et que vous savez que vous ne reviendrez pas à temps pour changer votre voiture de côté de rue, vous avez le choix : ne rien faire et risquer la contravention ou demander à un bon voisin ou à un parent de la déplacer pour vous en temps opportun. Cette prévoyance tient de la responsabilité civique élémentaire.

La représentante de Projet Montréal pousse son argumentaire jusqu’à tenter une comparaison entre ses cabanes et les décorations de Noël. Elle trouve injuste que les constructions de contreplaqué sur les balcons doivent être enlevées après une période maximum de quinze (15) jours alors que les ornementations de Noël peuvent demeurer en place tout l’hiver. Elle trouve par ailleurs que les gros bonhommes de neige gonflables ne devraient pas passer l’hiver dehors. Mais comment peut-on comparer un assemblage des matériaux de construction dépareillés et inesthétiques à des décorations réjouissantes et agréables à l’œil de l’ensemble de la population, qu’importe sa religion, sa couleur et quoi encore?

Peut-on parler d’une injustice? Pour y répondre, je laisse parler les images. Jetez un coup d’œil aux les trois photos ci-bas et tirez vos propres conclusions.

Un arbre de Noël sur le Chemin de la Côte-Sainte-Catherine et des décorations du centre-ville.

Une souccah faite d’un mélange de contreplaqué et d’aggloméré. Elle  empiète même sur le domaine public.

Souccah faite de très vieux panneaux d’aggloméré.

Je vous invite à venir assister et participer à l’assemblée de consultation publique, le mercredi 29 octobre 2014, à 19 heures, au Centre communautaire intergénérationnel d’Outremont, 999, avenue McEachrean.

Du bon usage des fonds publics

Comme si nous avions besoin de ça! Mardi, nous avons appris que des soupçons de collusion planaient sur Outremont. Selon le vérificateur général de la Ville de Montréal, au cours des neuf dernières années, notre arrondissement a octroyé tous les contrats de déneigement et de collecte des ordures à une seule et même entreprise. (Voir son rapport, p. 536 et ss). Les suspicions sont telles que Jacques Bergeron a transmis ses informations à l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Pour faire changement, ça ne sent pas bon.Document6 copy

Depuis que la commission Charbonneau a été mise en place, les politiciens n’ont de cesse de parler de transparence et d’imputabilité. Comment se fait-il que la mairesse Cinq-Mars et ses fonctionnaires responsables n’aient pas encore acquis le réflexe de faire jouer la concurrence dans ces gros et juteux contrats?

Remarquez qu’il ne suffit pas de se préoccuper des gros contrats. Chaque geste impliquant un déboursé pour l’arrondissement devrait être avalisé par les autorités municipales et l’information transmise de façon transparente aux élus du conseil.

Lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement, les citoyens ont été à même de vivre un exemple de confusion et de mauvaise communication de la part de l’arrondissement qui a frustré tout le monde.

Au cours des deux derniers mois, des résidents de l’avenue de L’Épée se sont regroupés afin de créer le comité Fleurir de L’Épée. Le prétexte pour rapprocher les résidents a été de confectionner des jardinières qui seraient distribuées aux voisins qui habitent sur le tronçon de rue entre Van Horne et Lajoie.Scan0008

Selon ses organisateurs, l’heureuse initiative a été un franc succès. Ils ont toutefois déploré la démarche d’une conseillère municipale qui, après l’évènement, a demandé aux cols bleus qui avait donné l’autorisation d’utiliser un tracteur et deux camionnettes de type pick-up appartenant à l’arrondissement.

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L’utilisation de la machinerie et la main-d’œuvre municipale aurait d’abord dû être approuvée par le conseil.

Certaines personnes ont perçu le questionnement de la conseillère municipale comme un geste destiné à remettre en cause l’évènement. Le problème, dans ce cas précis, tient au fait que le projet n’avait pas d’abord été présenté aux élues comme cela se fait toujours. Dans les circonstances, pouvait-on reprocher à une élue de s’assurer que la machinerie et la main-d’œuvre municipale aient été utilisées à bon escient, selon les règles établies et en toute transparence? Il semble que non.

Le plus surprenant dans cette affaire, c’est encore d’entendre la mairesse dire ne pas être certaine s’il aurait fallu que la demande du comité Fleurir De L’Épée soit déposée au Conseil. Les exemples semblables sont pourtant légion. Rappelez-moi une chose. Cela fait combien d’années que la mairesse Cinq-Mars siège au conseil, déjà? Douze ans! Hum! C’est peut-être elle qui aurait besoin de suivre la formation qu’elle souhaitait faire prendre aux trois nouvelles conseillères de l’arrondissement.

Une fête enfin satisfaisante

Ce printemps, c’est la première fois en sept ans que la fête du Pourim se déroule en respectant généralement le règlement interdisant la circulation des autobus sur nos rues résidentielles. La plupart des citoyens ont été satisfaits de la façon dont la fête a été menée. Les deux conseillères Jacqueline Gremaud et Lucie Cardyn qui ont participé à la fête du Pourim dans la nuit du 15 au 16 mars dernier ont, elles aussi, salué l’atmosphère qui a régné lors de la fête (voir l’extrait vidéo).

Dans l’ensemble, tout s’est si bien passé qu’aucun citoyen de la communauté ultraorthodoxes ne s’est présenté au micro lors de la période de questions pour dire que l’interdiction des autobus avait nuit ou gâché la tenue de leur fête. Il ne reste donc plus qu’à espérer qu’il s’agisse d’un bon présage pour l’avenir.

Autobus  à double essieu interdit à Outremont

Autobus à double essieu interdit à Outremont

Étant donné que l’évènement s’est déroulé rondement, j’ai demandé à la mairesse et aux quatre conseillères d’Outremont de nous confirmer qu’elles n’avaient aucune intention de modifier le règlement 1171 sur la circulation des autobus dans les rues résidentielles. Rappelons que depuis plusieurs années, les dirigeants hassidiques exercent d’énormes pressions sur les élus afin que le règlement adopté en 2003 soit assoupli afin de permettre aux autobus à double essieu de circuler dans l’arrondissement.

Marie Cinq-Mars, Lucie Cardyn, Jacqueline Gremaud et Céline Forget ont été catégoriques. Le règlement actuel est là pour rester, tel quel. Seule Mindy Pollak a esquivé la question. Après s’être assurée auprès de la mairesse (voir la photo ci-bas) que la question du règlement n’allait pas être discutée au cours de la soirée, la conseillère hassidique s’est limitée à dire : «Ce n’est pas à l’ordre du jour, donc… certainement pas aujourd’hui» (pour visionner toute la période de questions, cliquer ICI).

Pendant la période de question, il semble que Mindy Pollak soit allée demander à Marie Cinq-Mars si le règlement 1171 était à l'ordre du jour.

Pendant la période de question, il semble que Mindy Pollak soit allée demander à Marie Cinq-Mars si le règlement 1171 était à l’ordre du jour.

Son esquive ne trompait personne. À preuve, le 14 avril dernier, Mindy Pollak a publié une lettre  supposément destinée aux résidents qui l’ont fait élire.  Une lettre qui commence ainsi:
«Dear Residents, Purim has b”h passed and Pesach is almost here,
  but I feel it is important that I write to you about the bus issue».

Plus de cinq mois après son élection, non seulement la conseillère ne se préoccupe pas de s’adresser en français aux citoyens qu’elle est supposée représenter, mais son unique canal de communication est le site ultraorthodoxe Bill 613. Comme l’a si bien dit un citoyen du Plateau, c’est vrai que l’Express d’Outremont, ça ne rejoint pas sa clientèle-cible!

On se demande également pourquoi la conseillère Pollak n’en démord pas avec cette histoire d’autobus puisque tout le monde a admis au cours de cette séance du conseil que la fête du Pourim a été couronnée de succès. Une histoire à suivre.

La conseillère de tous les citoyens

Le 3 novembre 2013, Projet Montréal faisait élire Mindy Pollak dans le district  Claude-Ryan d’Outremont. Sur le site du parti de Richard Bergeron, on lit que l’élection de cette jeune Juive hassidique résidente du Plateau «lui donnera l’occasion de faire une différence et d’amener un vent de changement au sein de son quartier qu’elle aime tant ».

À l’époque, Mme Pollak avait annoncé la création imminente du blogue mindypollak.ca pour tenir ses électeurs informés. Cela fait plus de quatre mois que la conseillère a été élue à Outremont et les citoyens de son district n’ont toujours pas eu le moindre signe de vie de sa part.  Encore aujourd’hui, si vous tentez d’accéder à son blogue, Google  affiche Nothing found.

site web Mindy Pollak

Jusqu’à ce jour, Mindy Pollak a délibérément choisi de ne s’adresser aux citoyens d’Outremont que par le truchement de Bill 613, un blogue hassidique unilingue anglophone créé «to serve our collective Orthodox Jewish community as your one voice and reliable source». Mindy Pollack au cours de sa campagne électorale

Ne trouvez-vous pas étonnant que cette conseillère qui se targuait de représenter tous les citoyens de son district n’ait pas encore trouvé une façon de s’adresser à ses électeurs non hassidiques?

En ce qui concerne sa priorité de favoriser une cohabitation plus harmonieuse et une amélioration des relations intercommunautaires basée sur le dialogue, rappellons que Mindy Pollak est cofondatrice avec Leila Marshy de la page Facebook Friends of Hutchison Street, un groupe créé en catastrophe deux semaines à peine avant la tenue légitime du référendum du 19 juin 2011 sur l’agrandissement contesté d’une synagogue dans un zonage strictement résidentiel.Mindy et Leila

«We are everyone who seeks peace, harmony, dialogue, adventure» lit-on sur la page d’accueil de cette association  dirigée en sous-main par des leaders hassidiques. Pourtant, si vous divergez d’opinion avec les tenancières de cette page Facebook, vous êtes assurés d’être traités de raciste, d’antisémite, de xénophobe, de nazi, de menteur et de bien d’autres quolibets du même acabit.  De toute évidence, les deux associées qui travaillent main dans la main n’exercent aucune forme de modération de leur page Facebook. Leurs lecteurs (à 95% anglophones et en grande majorité de confession juive) pourront continuer de crier aux Outremontais qui divergent d’opinion avec eux «I hate Outremont nazis!». Vive le dialogue!

Les liaisons dangereuses

Depuis le 8 juin 2012, le Québec tout entier voit défiler des dizaines de témoins devant la commission Charbonneau chargée d’enquêter sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction.

Des Lino Zambito aux Jocelyn Dupuis, en passant par les Frank Zampino, Bernard Trépanier, Nicola Milioto, Giuseppe Borsellino, Gilles Surprenant et bien d’autres, c‘est le procès des liens véreux et incestueux entre le monde municipal et interlope qu’on déballe sous nos yeux.

Après 18 mois de ce spectacle aussi outrageant qu’humiliant, on se serait attendu à ce que tous les partis politiques municipaux en aient tiré la plus élémentaire des leçons:  On se tient loin des individus dont la réputation pourrait entacher notre intégrité ou soulever des soupçons sur notre administration. Hélas! il semble que le réflexe ne soit pas encore un automatisme.

Hier, pour la première fois depuis l’élection du 3 novembre dernier, la salle du conseil d’Outremont a accueilli les nouveaux élus dans le cadre d’une séance extraordinaire qui s’est tenue à l’heure du 5@7.

Accompagnée par Étienne Coutu (le candidat de Projet Montréal défait à la mairie d’Outremont), Mindy Pollak allait pouvoir étrenner son siège de conseillère municipale. Mais quelle ne fut pas notre surprise de la voir discuter dans la salle du conseil avec Sydney Pfeiffer, celui qui fut le premier conseiller juif orthodoxe à siéger à Outremont, entre 1991 et 2002. 2013-11-18 Sydney Pfeiffer au 1er conseil de Mindy Pollack BR

Cela aurait été tout à fait charmant si M. Pfeiffer avait été un citoyen modèle. Or il s’avère qu’en novembre 2003, un mandat d’arrestation a été émis contre lui par la GRC sous neuf chefs d’accusation dont celui d’avoir détourné à son profit 1,25 million de dollars. Les actes qui lui ont été reprochés ont été commis durant la même période où il a siégé au conseil d’Outremont (cliquer ICI pour plus de détails).

M. Pfeiffer a été reconnu coupable en 2007 et sa sentence, elle, a été rendue il y a neuf mois à peine! D’ailleurs, c’est bien parce qu’il a été condamné à l’emprisonnement avec sursis qu’il a pu s’entretenir tout à son aise avec sa coreligionnaire, aussi bien avant (photo de gauche) qu’après cette séance d’hier (les deux autres photos). On peut d’ores et déjà qualifier cette séance de doublement extraordinaire!

Je m’étonne que Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, qu’Étienne Coutu ou quiconque dans leur giron n’ait sonné l’alerte. Les faits sont connus et publics. Même la mairesse Marie Cinq-Mars le savait.Sydney Pfeiffer sur FOHS

Les messages de sympathie de Sydney Pfeiffer se retrouvent aussi sur la page Friends of Hutchison Street fondée par Mindy Pollak.

Pfeiffer était-il aussi de la cérémonie d’assermentation de Mme Pollak? Sa question laisse entendre qu’il ne voulait rien manquer.

Aux urnes, citoyens!

Dans moins de 24 heures, comme partout ailleurs au Québec, les électeurs et électrices d’Outremont auront déjà commencé à exprimer leurs volontés pour déterminer à qui ils souhaitent confier le mandat de les représenter à l’hôtel de ville.

Chacun et chacune d’entre vous devront faire entendre votre voix à trois niveaux distincts.

Sur un premier bulletin de vote, vous devrez choisir un maire pour la ville de Montréal.

Sur le deuxième bulletin de vote qui vous sera remis au bureau de vote, vous devrez indiquer qui vous souhaiteriez voir occuper le poste de maire de l’arrondissement d’Outremont.

Sur un troisième bulletin de vote, vous devrez déterminer à qui vous voudriez confier le mandat de vous représenter directement sur le terrain. Rappelez-vous! Votre conseiller municipal est la personne qui connaît le mieux votre district. Il arpente votre territoire, y observe ce qui va bien et ce qui cloche, en prend bonne note et soulève les problèmes à l’hôtel de ville.

C’est votre conseiller qui vous représente à toutes les séances mensuelles du Conseil de l’arrondissement et qui met sur la table les doléances dont vous lui aurez fait part. Il cherche des solutions à vos problèmes. Il est vos yeux, vos oreilles et votre porte-parole auprès de l’administration de l’arrondissement.

Contrairement à tous les autres aspirants au poste de conseiller de votre district (Claude-Ryan), je suis le seul à avoir assisté à 68 des 69 dernières assembles du conseil d’Outremont. À eux quatre, les autres candidats au poste que je convoite n’ont pas cumulé 10 présences aux assemblées du conseil. C’est dire l’intérêt qu’ils portent aux affaires qui concernent Outremont.

Tous mes efforts des six dernières années et mes 12 semaines de campagne électorale ne donneront de résultats que si vous, électeurs et électrices du district, vous rendez voter demain. Sans votre appui concret jusque dans l’urne, je ne pourrai rien accomplir.

C’est à vous et à vous seuls, que revient le dernier mot. Ce n’est qu’en vous rendant voter, que vous pourrez être entendus!

J’espère que vous serez au rendez-vous demain, dimanche, entre 10 h et 20 h. Bon vote!

Dans le district Claude-Ryan, deux endroits sont désignés pour recueillir vos votes : sections de vote 01

Si vous avez en votre possession la carte de rappel que vous a fait parvenir par la poste le Directeur des élections, amenez-le avec vous. Si vous l’avez perdu, ce n’est pas dramatique. Vous pourrez voter sans problème.

Aux urnes, Citoyens!