Cambuses des villes, cambuses des champs

Le 24 septembre dernier, le maire de Tadoussac, Hughes Tremblay a «gentiment» remercié le maire du Plateau Mont-Royal «de ne pas s’être mêlé de ses affaires». Tremblay n’avait pas apprécié que Luc Ferrandez dénonce un projet de stationnement à Tadoussac. Connaissant un peu Ferrandez, je n’étais pas surpris par sa sortie. En 2011, il avait vidé son sac dans le film République, un abécédaire populaire en pestant contre les baraques ignobles qu’on a laissé construire le long de la côte gaspésienne.

Comme vous et moi, Ferrandez a tout à fait le droit de dénoncer une situation, peu importe où elle se produit. Cela dit, la parabole de la paille et de la poutre n’est pas devenue désuète pour autant.

Dans le Mile-end, les abominations ne manquent pas, mais l'arrondissement du Plateau ne semble pas s'en préoccuper outre mesure.

Tout récemment, une citoyenne qui habite à à quelques pas du Mile-End a interpellé Luc Ferrandez dans La Presse +.

Mariclaude Ouimet dénonce le peu de cas dont semble faire preuve l’administration de Projet Montréal devant la décrépitude avancée d’un certain nombre de résidences de cet arrondissement. Je ne peux qu’acquiescer aux propos de Mme Ouimet. Voici ce qu’elle écrivait :

La Presse +
18 septembre 2014, section DÉBATS
OPINIONS

Sauvez le Plateau d’abord

Le Ministère des Transports du Québec a un projet de stationnement qui exigerait l’expropriation de six maisons patrimoniales à Tadoussac. Dans un plaidoyer émouvant (La Presse, 13 septembre) Luc Ferrandez, maire du Plateau Mont-Royal, nous parle de la beauté qui naît et qui s’élève grâce à un cumul de petites choses, en commençant par les modestes implantations qui nous ont précédés. Il déplore l’enlaidissement des paysages et l’élimination de témoins architecturaux.

Cette plaidoirie est tout à son honneur, mais point n’est besoin d’aller aussi loin pour défendre notre patrimoine architectural ! Le maire Ferrandez n’a qu’à pédaler un peu plus souvent dans son propre arrondissement et plus particulièrement dans le district Mile-End. L’état de délabrement avancé de nombreux immeubles centenaires est de plus en plus inquiétant. Cette situation aurait dû normalement faire réagir et surtout, faire agir un maire qui se dit sensible à la beauté des paysages et à la sauvegarde de témoins historiques !

Depuis 2009, le Plateau Mont-Royal est sous la férule des élus de Projet Montréal qui affirment volontiers que « chaque fois qu’on perd un bâtiment patrimonial, on perd un peu de l’âme du quartier ». Pourtant, je n’ai aucun souvenir que Luc Ferrandez se soit engagé de façon médiatisée à sauver ces résidences du Mile-End qui dépérissent à vue d’œil, faute d’entretien, de respect et d’amour.
Mariclaude Ouimet

La conseillère qui ne veut pas voir

Si vous avez mis la main sur L’Express d’Outremont du 28 août dernier, vous ne pouviez pas manquer cet autobus scolaire illustré en Une et affublé du titre À pleine vitesse dans les rues.   2014-08-28 Autobus scolaires - À pleine vitesse dans les rues

Non seulement certains d’entre eux roulent trop vite et font des stops à l’américaine, mais ils sont souvent très bruyants et surtout, ils défilent à la queue leu leu sur nos rues résidentielles en s’arrêtant de porte en porte pour cueillir les écoliers.

Interviewés, des citoyens disent avoir compté une cinquantaine d’autobus scolaires passant quotidiennement devant chez eux. Ils exagèrent, vous pensez? Hélas non.

À la séance du conseil d’arrondissement d’Outremont, j’ai remis à la mairesse Cinq-Mars un document relatant différents problèmes relatifs à la circulation de ces autobus.

Grâce à une caméra vidéo, nous avons pu documenter le phénomène. Ces bandes que nous avons conservées révèlent qu’une moyenne de 55 autobus scolaires défilent sur nos rues résidentielles (sauf le samedi, jour du sabbat). Et pour dissiper les doutes, nous ne nous sommes pas limités à capter ces allées et venues pendant un ou deux jours qui auraient pu connaître un achalandage exceptionnel. Les enregistrements ont été réalisés sur une période de deux mois, à raison de 24 heures par jour, sept jours par semaine.

Outre le nombre impressionnant d’autobus, on réalise que ces véhicules jaunes commencent leur chemin de croix depuis aussi tôt que 6h34 le matin pour rentrer au bercail parfois passé 23h35.

À 21h37, des étudiants — dont certains portent la barbe! — descendent d'un autobus scolaire au coin des rues Hutchison et Saint-Viateur.

À 21h37, des étudiants — dont certains portent la barbe! — descendent d’un autobus scolaire au coin des rues Hutchison et Saint-Viateur.

C’est sans parler, bien sûr, des problèmes du stationnement illégal et des manœuvres dangereuses, voire abracadabrantes.

2010Alors qu'un premier autobus est illégalement stationné devant la synagogue de Michael Rosenberg (zone vignette 27), un deuxième contenant des enfants est immobilisé en double... en sens inverse du trafic!-04-28 autobus stationnées à contresens

Alors qu’un premier autobus est illégalement stationné devant la synagogue de Michael Rosenberg (zone vignette 27), un deuxième contenant des enfants est immobilisé en double… en sens inverse du trafic!

Dans tout cela, ce qui est le plus hallucinant, c’est d’apprendre dans l’article de l’Express d’Outremont que Mindy Pollak, la conseillère du district, préfère esquiver la question parce que «la majorité des autobus scolaires en question desservent les écoles et garderies hassidiques». Est-ce à dire que lorsque le problème émane de sa communauté, elle ferme les yeux et refuse de bouger?

Cerise sur le Sunday, son attaché politique, Philippe Tomlinson, déclare le plus sérieusement du monde que Projet Montréal, le parti de Mindy, «ne constatait pas de problèmes en matière de transport scolaire». C’est vrai qu’il n’habite pas Outremont et que ce que l’on ne voit pas (ou qu’on ne veut pas voir!) ne fait pas mal.

2013-05-09 Manoeuvre spectaculaire

9 mai 2013: Un autobus qui n’a pas à se trouver stationné sur la rue Hutchison exécute un ballet acrobatique inusité pour permettre au balai mécanique de faire son travail. L’autobus se déplace au milieu de la chaussée, puis recule pour se stationner de nouveau. Bravo, champion!

Quant à Madame Cinq-Mars, les citoyens ont hâte de voir les solutions qu’elle apportera pour diminuer le trafic incessant de ces autobus. Nous pouvons d’ores et déjà lui suggérer que les enfants et écoliers se déplacent au coin des rues collectrices (ex.: Fairmount, Saint-Viateur, Bernard, etc.) pour être recueillis par les autobus qui n’auraient plus à défiler sur les rues résidentielles.

Que voilà un beau projet pour occuper Mindy Pollak qui est justement chargée du comité du transport actif . À défaut de faire marcher les enfants jusqu’à l’école comme le promeut le programme Trottibus, elle pourrait au moins faire en sorte qu’ils se rendent jusqu’au coin des rues, non? Ça ne devrait faire mourir personne et, croyez-nous, c’est bien plus sécuritaire que ce que nous voyons régulièrement.

Avant de crier au loup

Au moment où l’on fête les dix ans de la fusion de 19 arrondissements, la grande réforme du financement annoncée le 8 juillet dernier par le maire de Montréal s’est avérée un véritable pavé dans la mare pour de nombreux maires.

Ce que Denis Coderre prévoit être «une des réalisations les plus structurantes de l’histoire de la nouvelle Ville» ébranle plusieurs arrondissements. Et pour cause. Neuf d’entre eux verront leur budget grugé de plusieurs millions de dollars sur une période de 10 ans. Outremont sera le plus durement touché avec une ponction de 4 M$, soit une perte de 19,3% de son budget de fonctionnement.

Dans le cadre de cette réforme, plusieurs responsabilités qui incombaient aux arrondissements seront rapatriées à la ville-centre. Ainsi, la collecte des déchets, le développement économique, la tarification de certains permis ne relèveront plus des arrondissements. Quant au nombre d’artères gérées directement par l’administration municipale, il passera de 24 % à 52 % du réseau routier. L’argent généré par les parcs de stationnement et les parcomètres échappera aux arrondissements pour être détourné dans les coffres de la ville-centre. Cela pourrait aussi être le chant du cygne de la Sécurité publique sur le territoire d’Outremont.

Frustrés par ce qui a été annoncé, la mairesse d’Outremont et le maire d’Anjou envisagent même de mener une cabale pour que leurs arrondissements puissent faire marche arrière et se défusionner. Pour l’instant, aux yeux de Pierre Moreau, ministre des Affaires municipales, cela n’est que de «la prose», car rien dans la loi ne prévoit la possibilité des défusions.Les torts de Cinq-Mars

Dans une entrevue accordée à L’Express d’Outremont, la mairesse Cinq-Mars indique que pour l’instant, sa préoccupation première est de garder les citoyens de son arrondissement bien au fait des développements du dossier.

Pourtant, tant sur le site du parti de la mairesse que sur le site de l’arrondissement d’Outremont, les citoyens n’ont rien à se mettre sous la dent pour se faire une idée de la problématique du dossier qui a tant fait la manchette au début de juillet. Remarquez que sur le site de Projet Montréal, le parti de Richard Bergeron, ce n’est guère mieux.

En attendant que tous ces gens reviennent de leurs chalets et avant de crier au loup, je vous invite à consulter le document officiel sur la Réforme du financement des arrondissements de Montréal. Nous aurons l’occasion d’en reparler très bientôt.Je remercie Céline Forget, la conseillère indépendante du district Joseph-Beaubien, pour sa vigilance de tous les instants.

Le réseau blanc à Outremont

À Outremont, depuis le début de l’hiver, il n’y a pas que la neige qui s’impose. Un nombre inhabituel de Yétis du vélo a pris d’assaut la piste cyclable du chemin de la Côte-Sainte-Catherine.

Untitled-2 copyInsatisfaits du fait que l’arrondissement ne déblayait pas la piste cyclable qui passe juste devant l’hôtel de ville de l’arrondissement, ces inconditionnels de la bécane sont débarqués aux séances du conseil d’arrondissement de décembre 2013 et janvier 2014, pelle en main. Ils ont demandé la mise sur pied d’un projet pilote de déneigement de la piste qu’empruntent de plus en plus d’étudiants qui fréquentent l’Université de Montréal.

Au départ, la mairesse Cinq-Mars n’était pas très chaude à l’idée. Aussi l’arrondissement a d’abord prétendu que le déblaiement de la piste cyclable sur 1,6 kilomètre coûterait 100 000$ par hiver, dont 20 000$ d’abrasifs. Selon Maxime Dorais, cette prétention ne tenait pas la route. Comme le cycliste l’a lui-même raconté le 28 février dernier sur les ondes de Radio-Canada (aller à 16h51), cette évaluation voudrait dire qu’il en coûterait trois fois plus cher de déneiger la piste cyclable que d’entretenir une rue avec ses trottoirs et ses deux voies.Maxime Dorais Trouvez l’erreur.

Le cycliste Maxime Dorais lors de son intervention de janvier 2014 à l’assemblée du conseil d’Outremont

Heureusement pour M. Dorais, la conseillère indépendante Céline Forget  a proposé un  projet pilote de déneigement pour cet hiver qui a pris de court la mairesse. D’autant plus que toutes les conseillères de l’arrondissement ont appuyé sa proposition. À ce jour, les cyclistes semblent ravis de l’initiative de Mme Forget.

Il reste cependant à peaufiner la solution qui conviendra aussi aux riverains de la piste cyclable qui se sentent un peu coincés au moment de devoir déneiger leurs entrées de cour.

La réponse de Mindy Pollak

À la suite de ma chronique Dialogue de sourds,  une séance du conseil d’Outremont s’est tenue le 3 février . Nous en avons profité pour poser une question à la conseillère Mindy Pollak.  Nous lui avons demandé comment elle pouvait prétendre rebâtir des ponts entre les membres de sa communauté et les autres citoyens si elle-même ne respecte pas les conditions des permis qui lui sont délivrés?

Mindy Pollak, le 3 février 2014De façon détachée et laconique, elle s’est contentée de dire que «L’évènement a eu lieu sur le Plateau. Je ne vois pas le relevance [sic]de le porter ici au conseil d’Outremont.» (période de questions à 24 min 7 sec)

Ah! bon, Mme Pollak. Pour vous, y’a rien là de bafouer les conditions d’un permis quand vous commettez l’infraction sur le territoire de l’arrondissement voisin? Belle mentalité! Vous vous moquez peut-être aussi des plaintes qui ont été portés par des résidents incommodés ? On voit combien vous êtes respectueuse à la fois des citoyens que vous représentez et de ceux du Plateau où vous résidez. Avez-vous oublié que la moitié des résidents de la rue Hutchison à qui vous avez cassé les oreilles par un beau dimanche après-midi de congé sont des citoyens d’Outremont? Vos citoyens !

Le dialogue de sourds

Le 20 octobre dernier, les résidents de la rue Hutchison habitant au nord de l’avenue Bernard ont été témoins d’un spectacle avec un grand «épanchement d’émotions» comme le disent si bien leurs organisateurs. Ce dimanche-là, les dirigeants de la secte Imray Chaim D’Chasidai Wiznitz ont célébré avec intensité et excitation l’arrivée d’un nouveau rouleau de la Torah devant la synagogue du 5843 Hutchison.

La procession constituée de plusieurs centaines de fidèles a débuté en milieu d’après-midi devant la congrégation de la secte Belz de la rue Jeanne-Mance. La foule très compacte a emprunté cette rue résidentielle dans le sens inverse du trafic. Après avoir coupé l’avenue Bernard, le cortège a rejoint la rue Saint-Viateur, puis a bifurqué vers l’ouest en traversant l’avenue du Parc, avant de remonter la rue Hutchison  jusqu’au nord de Bernard. 2013-10-20 manif sans permis d'ampli

Si tout le monde a droit à ses célébrations, il y a cependant des normes auxquelles tous sont soumis, sans exception. Dans une société de droits, pour assurer une certaine harmonie et un  vivre ensemble respectueux, il importe de se soumettre aux règlements en vigueur. Il en va de même pour s’assurer de la sécurité et du maintien de l’ordre.

Dans le cas qui nous occupe, la secte Wiznitz a demandé et obtenu un permis l’autorisant à faire fermer certaines rues et à occuper la chaussée. Hélas! Comme c’est trop souvent le cas, les organisateurs hassidiques ne se soucient guère de respecter les conditions inhérentes aux permis qu’ils demandent.

Il est choquant de constater que les organisateurs hassidiques ont bafoué pour une ixième fois l’interdiction de recourir à des amplificateurs sur la voie publique pour leurs fêtes (Voir l’extrait vidéo de 14 secondes) .

Mais Il y a pire encore. La mandataire de la secte Wiznitz qui a obtenu le permis le 11 octobre 2013 n’est nulle autre que Mindy Pollak, la nouvelle conseillère de Projet Montréal pour le district outremontois Claude-Ryan. Au moment où elle a présenté sa demande, la jeune membre de la communauté Wiznitz était en pleine campagne électorale. Tout en sachant pertinemment que cette manifestation allait contrevenir aux conditions du permis, elle n’a pas hésité à engager sa crédibilité. Dans le même temps, elle promettait sur toutes les tribunes le rapprochement et le dialogue avec les «autres» citoyens. Au nombre de décibels que crachaient les amplificateurs illégaux de sa synagogue, peut-on s’attendre à autre chose qu’à un dialogue de sourds?

2013-10-25 Mindy Pollak en pleine campagne électorale, quelques jours après la fête

Mindy Pollak, cinq jours après le tintamarre qui s’est déroulé devant la synagogue.

Les matières dangereuses

Quelques jours après la catastrophe de Lac-Mégantic, j’ai interpellé la mairesse Cinq-Mars dans le cadre d’une séance du conseil afin qu’elle nous fasse part du plan d’urgence existant en cas d’une pareille catastrophe à Outremont. À l’époque, la mairesse avait été incapable de nous dire si un tel plan existait (lire ma chronique du 13 juillet 2013).2013-07-06 feu à Lac Mégantic.08

Aujourd’hui, cinq mois plus tard, où en est la mairesse dans ses démarches sur cette question du transport ferroviaire de matière dangereuse ?

Lors de la séance du conseil du 9 décembre dernier, Mme Cinq-Mars nous a dit avoir expédié une lettre à une ministre fédérale dont elle a oublié le nom. Selon ses dires, son envoi est resté lettre morte. La mairesse aurait expédié une seconde lettre à la même personne, mais n’aurait toujours pas reçu d’accusé réception. Nous imaginons que la destinataire devait être la ministre fédérale des Transports, Lisa Raitt. 2013-12-09 Ma question sur la destitution de Werzberger - Marie Cinq-MarsPour voir  et entendre les propos de la mairesse sur cette question, cliquer ICI.

Manifestement pas très au courant de ce qu’il en était, la mairesse a donné la parole à M. Normand Proulx. Le directeur de l’arrondissement nous a expliqué que les compagnies ferroviaires allaient devoir déclarer — à postériori! — les produits dangereux qu’ils auront fait circuler sur notre territoire. Les municipalités ne pourront en prendre connaissance qu’après coup, soit au moment de la publication des rapports trimestriels.

Entre temps, dans la perspective du développement du site universitaire d’Outremont, c’est le centre de sécurité civile qui élabore un plan de gestion du risque près du nouveau campus.

En ce qui concerne le plan d’urgence d’Outremont, une demande de révision a été formulée à l’administration et il semble qu’il pourrait être déposé bientôt. Cela dit, une pétition exigeant que l’administration municipale d’Outremont nous dévoile ce fameux plan d’urgence circule toujours. Si vous ne l’avez pas encore signée, voyez ma chronique du 24 juillet dernier.

Les liaisons dangereuses

Depuis le 8 juin 2012, le Québec tout entier voit défiler des dizaines de témoins devant la commission Charbonneau chargée d’enquêter sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction.

Des Lino Zambito aux Jocelyn Dupuis, en passant par les Frank Zampino, Bernard Trépanier, Nicola Milioto, Giuseppe Borsellino, Gilles Surprenant et bien d’autres, c‘est le procès des liens véreux et incestueux entre le monde municipal et interlope qu’on déballe sous nos yeux.

Après 18 mois de ce spectacle aussi outrageant qu’humiliant, on se serait attendu à ce que tous les partis politiques municipaux en aient tiré la plus élémentaire des leçons:  On se tient loin des individus dont la réputation pourrait entacher notre intégrité ou soulever des soupçons sur notre administration. Hélas! il semble que le réflexe ne soit pas encore un automatisme.

Hier, pour la première fois depuis l’élection du 3 novembre dernier, la salle du conseil d’Outremont a accueilli les nouveaux élus dans le cadre d’une séance extraordinaire qui s’est tenue à l’heure du 5@7.

Accompagnée par Étienne Coutu (le candidat de Projet Montréal défait à la mairie d’Outremont), Mindy Pollak allait pouvoir étrenner son siège de conseillère municipale. Mais quelle ne fut pas notre surprise de la voir discuter dans la salle du conseil avec Sydney Pfeiffer, celui qui fut le premier conseiller juif orthodoxe à siéger à Outremont, entre 1991 et 2002. 2013-11-18 Sydney Pfeiffer au 1er conseil de Mindy Pollack BR

Cela aurait été tout à fait charmant si M. Pfeiffer avait été un citoyen modèle. Or il s’avère qu’en novembre 2003, un mandat d’arrestation a été émis contre lui par la GRC sous neuf chefs d’accusation dont celui d’avoir détourné à son profit 1,25 million de dollars. Les actes qui lui ont été reprochés ont été commis durant la même période où il a siégé au conseil d’Outremont (cliquer ICI pour plus de détails).

M. Pfeiffer a été reconnu coupable en 2007 et sa sentence, elle, a été rendue il y a neuf mois à peine! D’ailleurs, c’est bien parce qu’il a été condamné à l’emprisonnement avec sursis qu’il a pu s’entretenir tout à son aise avec sa coreligionnaire, aussi bien avant (photo de gauche) qu’après cette séance d’hier (les deux autres photos). On peut d’ores et déjà qualifier cette séance de doublement extraordinaire!

Je m’étonne que Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, qu’Étienne Coutu ou quiconque dans leur giron n’ait sonné l’alerte. Les faits sont connus et publics. Même la mairesse Marie Cinq-Mars le savait.Sydney Pfeiffer sur FOHS

Les messages de sympathie de Sydney Pfeiffer se retrouvent aussi sur la page Friends of Hutchison Street fondée par Mindy Pollak.

Pfeiffer était-il aussi de la cérémonie d’assermentation de Mme Pollak? Sa question laisse entendre qu’il ne voulait rien manquer.

Le b.a. -ba de la sécurité sur nos rues

Depuis plus de six semaines, j’arpente les rues du district Claude-Ryan d’Outremont plusieurs heures par jour. J’y ai rencontré des centaines de citoyens qui me font part de problèmes qui les préoccupent dans leur milieu de vie.

Sans surprise, la question de la circulation revient sans cesse dans nos conversations. Est-ce vraiment étonnant quand on sait que sur l’île de Montréal, on compte désormais 1 automobile pour 2,1 adultes et que les études de Transport Québec nous annoncent que d’ici 2016, la métropole connaîtra une croissance de deux millions de déplacements par jour, soit une augmentation de 25 %.

Pas besoin d’être un expert en actuariat pour comprendre que cette augmentation rapide du nombre de voitures entraîne un accroissement des risques d’accident avec les piétons et les cyclistes. C’est sans parler du fait que plusieurs résidents se plaignent que malgré les vignettes qu’ils payent, ils peinent de plus en plus pour trouver une place pour se garer près de chez eux.

Les parents de jeunes enfants, tout comme l’ensemble des résidents dénoncent la vitesse et le nombre de véhicules qui filent et défilent sur nos rues résidentielles. En dépit de pétitions que plusieurs personnes du district ont déposées auprès des élus actuellement au pouvoir à Outremont, les citoyens concernés estiment que leurs récriminations n’ont pas été entendues des autorités. Ils considèrent que cette inaction a des répercussions négatives sur leur qualité de vie.dos d'âne.03c BR

Il y a quelques mois, un citoyen s’était donné la peine de se rendre à l’assemblée du conseil d’Outremont pour se plaindre de la vitesse excessive des automobilistes qui s’engouffraient sur l’avenue de L’Épée en provenance du Chemin de la Côte-Sainte-Catherine. Interpellé, son conseiller de district n’avait pu qu’admettre son impuissance devant cet état de fait. «La solution n’est pas évidente, avait-il dit.On ne peut pas inverser le sens unique à cet endroit à cause de l’entrée de garage de l’immeuble».

Je suis allé passer une heure au pied de la tour d’habitation L’Éminence pour y constater que la situation y était extrêmement dangereuse et tout à fait intolérable. Pourtant, la solution pour contrer la vitesse des voitures qui y passent en trombe semble sauter aux yeux.problème de vitesse - solution d'appaisement copy

Un bon dos d’âne dissuasif et permanent placé juste avant l’entrée du garage qui dessert les 160 appartements du complexe d’habitation forcera le ralentissement à 30 km/h, jour et nuit. Même plus besoin de poster de patrouilleurs pour faire respecter la limite de vitesse à cet endroit. En Jamaïque, on surnomme les dos d’âne « sleeping policemen ». Et ceux-là peuvent bien dormir sans que ça nous titille le compte de taxes!TRAVERSE PEINTE - problème - solution

Afin de sécuriser la sortie des piétons de l’immeuble, le marquage d’une traverse piétonne là où le trottoir est pratiquement inexistant (même pas 15 pouces de large!) ferait l’affaire. Précédée du dos d’âne, la traversée de la rue se ferait enfin en toute quiétude.

Pas de solution, disent donc les autorités actuelles? Quand on se donne la peine de réfléchir, des mesures correctrices adaptées aux différentes problématiques sont généralement à portée de main. Encore faut-il vouloir les appliquer !