Cambuses des villes, cambuses des champs

Le 24 septembre dernier, le maire de Tadoussac, Hughes Tremblay a «gentiment» remercié le maire du Plateau Mont-Royal «de ne pas s’être mêlé de ses affaires». Tremblay n’avait pas apprécié que Luc Ferrandez dénonce un projet de stationnement à Tadoussac. Connaissant un peu Ferrandez, je n’étais pas surpris par sa sortie. En 2011, il avait vidé son sac dans le film République, un abécédaire populaire en pestant contre les baraques ignobles qu’on a laissé construire le long de la côte gaspésienne.

Comme vous et moi, Ferrandez a tout à fait le droit de dénoncer une situation, peu importe où elle se produit. Cela dit, la parabole de la paille et de la poutre n’est pas devenue désuète pour autant.

Dans le Mile-end, les abominations ne manquent pas, mais l'arrondissement du Plateau ne semble pas s'en préoccuper outre mesure.

Tout récemment, une citoyenne qui habite à à quelques pas du Mile-End a interpellé Luc Ferrandez dans La Presse +.

Mariclaude Ouimet dénonce le peu de cas dont semble faire preuve l’administration de Projet Montréal devant la décrépitude avancée d’un certain nombre de résidences de cet arrondissement. Je ne peux qu’acquiescer aux propos de Mme Ouimet. Voici ce qu’elle écrivait :

La Presse +
18 septembre 2014, section DÉBATS
OPINIONS

Sauvez le Plateau d’abord

Le Ministère des Transports du Québec a un projet de stationnement qui exigerait l’expropriation de six maisons patrimoniales à Tadoussac. Dans un plaidoyer émouvant (La Presse, 13 septembre) Luc Ferrandez, maire du Plateau Mont-Royal, nous parle de la beauté qui naît et qui s’élève grâce à un cumul de petites choses, en commençant par les modestes implantations qui nous ont précédés. Il déplore l’enlaidissement des paysages et l’élimination de témoins architecturaux.

Cette plaidoirie est tout à son honneur, mais point n’est besoin d’aller aussi loin pour défendre notre patrimoine architectural ! Le maire Ferrandez n’a qu’à pédaler un peu plus souvent dans son propre arrondissement et plus particulièrement dans le district Mile-End. L’état de délabrement avancé de nombreux immeubles centenaires est de plus en plus inquiétant. Cette situation aurait dû normalement faire réagir et surtout, faire agir un maire qui se dit sensible à la beauté des paysages et à la sauvegarde de témoins historiques !

Depuis 2009, le Plateau Mont-Royal est sous la férule des élus de Projet Montréal qui affirment volontiers que « chaque fois qu’on perd un bâtiment patrimonial, on perd un peu de l’âme du quartier ». Pourtant, je n’ai aucun souvenir que Luc Ferrandez se soit engagé de façon médiatisée à sauver ces résidences du Mile-End qui dépérissent à vue d’œil, faute d’entretien, de respect et d’amour.
Mariclaude Ouimet

La conseillère qui ne veut pas voir

Si vous avez mis la main sur L’Express d’Outremont du 28 août dernier, vous ne pouviez pas manquer cet autobus scolaire illustré en Une et affublé du titre À pleine vitesse dans les rues.   2014-08-28 Autobus scolaires - À pleine vitesse dans les rues

Non seulement certains d’entre eux roulent trop vite et font des stops à l’américaine, mais ils sont souvent très bruyants et surtout, ils défilent à la queue leu leu sur nos rues résidentielles en s’arrêtant de porte en porte pour cueillir les écoliers.

Interviewés, des citoyens disent avoir compté une cinquantaine d’autobus scolaires passant quotidiennement devant chez eux. Ils exagèrent, vous pensez? Hélas non.

À la séance du conseil d’arrondissement d’Outremont, j’ai remis à la mairesse Cinq-Mars un document relatant différents problèmes relatifs à la circulation de ces autobus.

Grâce à une caméra vidéo, nous avons pu documenter le phénomène. Ces bandes que nous avons conservées révèlent qu’une moyenne de 55 autobus scolaires défilent sur nos rues résidentielles (sauf le samedi, jour du sabbat). Et pour dissiper les doutes, nous ne nous sommes pas limités à capter ces allées et venues pendant un ou deux jours qui auraient pu connaître un achalandage exceptionnel. Les enregistrements ont été réalisés sur une période de deux mois, à raison de 24 heures par jour, sept jours par semaine.

Outre le nombre impressionnant d’autobus, on réalise que ces véhicules jaunes commencent leur chemin de croix depuis aussi tôt que 6h34 le matin pour rentrer au bercail parfois passé 23h35.

À 21h37, des étudiants — dont certains portent la barbe! — descendent d'un autobus scolaire au coin des rues Hutchison et Saint-Viateur.

À 21h37, des étudiants — dont certains portent la barbe! — descendent d’un autobus scolaire au coin des rues Hutchison et Saint-Viateur.

C’est sans parler, bien sûr, des problèmes du stationnement illégal et des manœuvres dangereuses, voire abracadabrantes.

2010Alors qu'un premier autobus est illégalement stationné devant la synagogue de Michael Rosenberg (zone vignette 27), un deuxième contenant des enfants est immobilisé en double... en sens inverse du trafic!-04-28 autobus stationnées à contresens

Alors qu’un premier autobus est illégalement stationné devant la synagogue de Michael Rosenberg (zone vignette 27), un deuxième contenant des enfants est immobilisé en double… en sens inverse du trafic!

Dans tout cela, ce qui est le plus hallucinant, c’est d’apprendre dans l’article de l’Express d’Outremont que Mindy Pollak, la conseillère du district, préfère esquiver la question parce que «la majorité des autobus scolaires en question desservent les écoles et garderies hassidiques». Est-ce à dire que lorsque le problème émane de sa communauté, elle ferme les yeux et refuse de bouger?

Cerise sur le Sunday, son attaché politique, Philippe Tomlinson, déclare le plus sérieusement du monde que Projet Montréal, le parti de Mindy, «ne constatait pas de problèmes en matière de transport scolaire». C’est vrai qu’il n’habite pas Outremont et que ce que l’on ne voit pas (ou qu’on ne veut pas voir!) ne fait pas mal.

2013-05-09 Manoeuvre spectaculaire

9 mai 2013: Un autobus qui n’a pas à se trouver stationné sur la rue Hutchison exécute un ballet acrobatique inusité pour permettre au balai mécanique de faire son travail. L’autobus se déplace au milieu de la chaussée, puis recule pour se stationner de nouveau. Bravo, champion!

Quant à Madame Cinq-Mars, les citoyens ont hâte de voir les solutions qu’elle apportera pour diminuer le trafic incessant de ces autobus. Nous pouvons d’ores et déjà lui suggérer que les enfants et écoliers se déplacent au coin des rues collectrices (ex.: Fairmount, Saint-Viateur, Bernard, etc.) pour être recueillis par les autobus qui n’auraient plus à défiler sur les rues résidentielles.

Que voilà un beau projet pour occuper Mindy Pollak qui est justement chargée du comité du transport actif . À défaut de faire marcher les enfants jusqu’à l’école comme le promeut le programme Trottibus, elle pourrait au moins faire en sorte qu’ils se rendent jusqu’au coin des rues, non? Ça ne devrait faire mourir personne et, croyez-nous, c’est bien plus sécuritaire que ce que nous voyons régulièrement.

Montréal au temps des vaches grasses

À la mi-septembre 2013, alors que la campagne électorale battait son plein, le conseil municipal de Montréal a adopté le programme triennal d’immobilisations (PTI). Ce fameux plan prévoit des dépenses de 3,78 milliards que l’administration compte réaliser entre 2014 et 2016 «pour bâtir une ville à la mesure des attentes des citoyens, dans un contexte de ressources limitées et en fonction d’un objectif de stabilisation de l’endettement.»

Bien qu’au moment de son adoption, une majorité du conseil municipal de Montréal promettait de tabletter le PTI après les élections du 3 novembre 2013, on aura compris que les milliards ont déjà bel et bien commencé à être dépensés pour la réfection des infrastructures routières et de l’eau, sans oublier les festivités du 375e anniversaire de Montréal.

À Outremont, j’en ai eu la preuve le 16 juillet. Sur l’avenue de L’Épée, entre Fairmount et Elmwood, des travailleurs se préparaient à scier des tronçons de trottoir des deux côtés de la rue. 2014-07-16 trottoirs de L'Épée

Ces trottoirs montraient bien quelques fissures ici et là (voir ci-haut), mais il me semblait que leur état ne présentait aucun risque pour les piétons, les joggeurs, les poussettes ou même les marchettes. Ma surprise a été d’autant plus grande que sur le site de la Ville de Montréal, on nous rappelait clairement que l’administration municipale se trouvait «dans un contexte de ressources limitées»! Qu’est-ce que ça serait si elle nageait dans l’argent? De quoi laisser songeurs les contribuables que nous sommes.

Des travaux de même nature sont également entrepris sur les rues Outremont (entre Bernard à St-Viateur), Antonine-Maillet (entre Van Horne et Lajoie) et McNider (de St-joseph à Côte-Ste-Catherine). Des amis m’ont demandé si je savais quels étaient les résidents assez puissants sur ces rues-là pour que la Ville accepte d’y engloutir autant d’argent sur les trottoirs et la chaussée.

Mais il y a plus surprenant encore. Le 4 août, le journaliste Yves Poirier nous apprenait au TVA Nouvelles que les contrats avaient été accordés à des entrepreneurs alors que la liste des travaux à effectuer n’existe encore qu’à l’état de brouillon. Je vous recommande vivement de lire la chronique de la conseillère indépendante de Céline Forget qui s’insurge de se voir refuser l’accès à des documents publics reliés à un contrat qu’on lui demande d’approuver.2014-08-06 Saint-Viateur et Outremont

Pour ne rassurer personne, les étiquettes appliquées sur les cônes orange qui se trouvent au coin des rues Saint-Viateur et Outremont indiquent qu’ils sont la propriété du Groupe Hexagone!  Ça ne vous dit rien? Hexagone… Accurso… Unité permanente anticorruption (UPAC)? La Presse en a parlé pas plus tard que le 22 juillet dernier.

Du bon usage des fonds publics

Comme si nous avions besoin de ça! Mardi, nous avons appris que des soupçons de collusion planaient sur Outremont. Selon le vérificateur général de la Ville de Montréal, au cours des neuf dernières années, notre arrondissement a octroyé tous les contrats de déneigement et de collecte des ordures à une seule et même entreprise. (Voir son rapport, p. 536 et ss). Les suspicions sont telles que Jacques Bergeron a transmis ses informations à l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Pour faire changement, ça ne sent pas bon.Document6 copy

Depuis que la commission Charbonneau a été mise en place, les politiciens n’ont de cesse de parler de transparence et d’imputabilité. Comment se fait-il que la mairesse Cinq-Mars et ses fonctionnaires responsables n’aient pas encore acquis le réflexe de faire jouer la concurrence dans ces gros et juteux contrats?

Remarquez qu’il ne suffit pas de se préoccuper des gros contrats. Chaque geste impliquant un déboursé pour l’arrondissement devrait être avalisé par les autorités municipales et l’information transmise de façon transparente aux élus du conseil.

Lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement, les citoyens ont été à même de vivre un exemple de confusion et de mauvaise communication de la part de l’arrondissement qui a frustré tout le monde.

Au cours des deux derniers mois, des résidents de l’avenue de L’Épée se sont regroupés afin de créer le comité Fleurir de L’Épée. Le prétexte pour rapprocher les résidents a été de confectionner des jardinières qui seraient distribuées aux voisins qui habitent sur le tronçon de rue entre Van Horne et Lajoie.Scan0008

Selon ses organisateurs, l’heureuse initiative a été un franc succès. Ils ont toutefois déploré la démarche d’une conseillère municipale qui, après l’évènement, a demandé aux cols bleus qui avait donné l’autorisation d’utiliser un tracteur et deux camionnettes de type pick-up appartenant à l’arrondissement.

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L’utilisation de la machinerie et la main-d’œuvre municipale aurait d’abord dû être approuvée par le conseil.

Certaines personnes ont perçu le questionnement de la conseillère municipale comme un geste destiné à remettre en cause l’évènement. Le problème, dans ce cas précis, tient au fait que le projet n’avait pas d’abord été présenté aux élues comme cela se fait toujours. Dans les circonstances, pouvait-on reprocher à une élue de s’assurer que la machinerie et la main-d’œuvre municipale aient été utilisées à bon escient, selon les règles établies et en toute transparence? Il semble que non.

Le plus surprenant dans cette affaire, c’est encore d’entendre la mairesse dire ne pas être certaine s’il aurait fallu que la demande du comité Fleurir De L’Épée soit déposée au Conseil. Les exemples semblables sont pourtant légion. Rappelez-moi une chose. Cela fait combien d’années que la mairesse Cinq-Mars siège au conseil, déjà? Douze ans! Hum! C’est peut-être elle qui aurait besoin de suivre la formation qu’elle souhaitait faire prendre aux trois nouvelles conseillères de l’arrondissement.

Une fête enfin satisfaisante

Ce printemps, c’est la première fois en sept ans que la fête du Pourim se déroule en respectant généralement le règlement interdisant la circulation des autobus sur nos rues résidentielles. La plupart des citoyens ont été satisfaits de la façon dont la fête a été menée. Les deux conseillères Jacqueline Gremaud et Lucie Cardyn qui ont participé à la fête du Pourim dans la nuit du 15 au 16 mars dernier ont, elles aussi, salué l’atmosphère qui a régné lors de la fête (voir l’extrait vidéo).

Dans l’ensemble, tout s’est si bien passé qu’aucun citoyen de la communauté ultraorthodoxes ne s’est présenté au micro lors de la période de questions pour dire que l’interdiction des autobus avait nuit ou gâché la tenue de leur fête. Il ne reste donc plus qu’à espérer qu’il s’agisse d’un bon présage pour l’avenir.

Autobus  à double essieu interdit à Outremont

Autobus à double essieu interdit à Outremont

Étant donné que l’évènement s’est déroulé rondement, j’ai demandé à la mairesse et aux quatre conseillères d’Outremont de nous confirmer qu’elles n’avaient aucune intention de modifier le règlement 1171 sur la circulation des autobus dans les rues résidentielles. Rappelons que depuis plusieurs années, les dirigeants hassidiques exercent d’énormes pressions sur les élus afin que le règlement adopté en 2003 soit assoupli afin de permettre aux autobus à double essieu de circuler dans l’arrondissement.

Marie Cinq-Mars, Lucie Cardyn, Jacqueline Gremaud et Céline Forget ont été catégoriques. Le règlement actuel est là pour rester, tel quel. Seule Mindy Pollak a esquivé la question. Après s’être assurée auprès de la mairesse (voir la photo ci-bas) que la question du règlement n’allait pas être discutée au cours de la soirée, la conseillère hassidique s’est limitée à dire : «Ce n’est pas à l’ordre du jour, donc… certainement pas aujourd’hui» (pour visionner toute la période de questions, cliquer ICI).

Pendant la période de question, il semble que Mindy Pollak soit allée demander à Marie Cinq-Mars si le règlement 1171 était à l'ordre du jour.

Pendant la période de question, il semble que Mindy Pollak soit allée demander à Marie Cinq-Mars si le règlement 1171 était à l’ordre du jour.

Son esquive ne trompait personne. À preuve, le 14 avril dernier, Mindy Pollak a publié une lettre  supposément destinée aux résidents qui l’ont fait élire.  Une lettre qui commence ainsi:
«Dear Residents, Purim has b”h passed and Pesach is almost here,
  but I feel it is important that I write to you about the bus issue».

Plus de cinq mois après son élection, non seulement la conseillère ne se préoccupe pas de s’adresser en français aux citoyens qu’elle est supposée représenter, mais son unique canal de communication est le site ultraorthodoxe Bill 613. Comme l’a si bien dit un citoyen du Plateau, c’est vrai que l’Express d’Outremont, ça ne rejoint pas sa clientèle-cible!

On se demande également pourquoi la conseillère Pollak n’en démord pas avec cette histoire d’autobus puisque tout le monde a admis au cours de cette séance du conseil que la fête du Pourim a été couronnée de succès. Une histoire à suivre.

La réponse de Mindy Pollak

À la suite de ma chronique Dialogue de sourds,  une séance du conseil d’Outremont s’est tenue le 3 février . Nous en avons profité pour poser une question à la conseillère Mindy Pollak.  Nous lui avons demandé comment elle pouvait prétendre rebâtir des ponts entre les membres de sa communauté et les autres citoyens si elle-même ne respecte pas les conditions des permis qui lui sont délivrés?

Mindy Pollak, le 3 février 2014De façon détachée et laconique, elle s’est contentée de dire que «L’évènement a eu lieu sur le Plateau. Je ne vois pas le relevance [sic]de le porter ici au conseil d’Outremont.» (période de questions à 24 min 7 sec)

Ah! bon, Mme Pollak. Pour vous, y’a rien là de bafouer les conditions d’un permis quand vous commettez l’infraction sur le territoire de l’arrondissement voisin? Belle mentalité! Vous vous moquez peut-être aussi des plaintes qui ont été portés par des résidents incommodés ? On voit combien vous êtes respectueuse à la fois des citoyens que vous représentez et de ceux du Plateau où vous résidez. Avez-vous oublié que la moitié des résidents de la rue Hutchison à qui vous avez cassé les oreilles par un beau dimanche après-midi de congé sont des citoyens d’Outremont? Vos citoyens !

Le dialogue de sourds

Le 20 octobre dernier, les résidents de la rue Hutchison habitant au nord de l’avenue Bernard ont été témoins d’un spectacle avec un grand «épanchement d’émotions» comme le disent si bien leurs organisateurs. Ce dimanche-là, les dirigeants de la secte Imray Chaim D’Chasidai Wiznitz ont célébré avec intensité et excitation l’arrivée d’un nouveau rouleau de la Torah devant la synagogue du 5843 Hutchison.

La procession constituée de plusieurs centaines de fidèles a débuté en milieu d’après-midi devant la congrégation de la secte Belz de la rue Jeanne-Mance. La foule très compacte a emprunté cette rue résidentielle dans le sens inverse du trafic. Après avoir coupé l’avenue Bernard, le cortège a rejoint la rue Saint-Viateur, puis a bifurqué vers l’ouest en traversant l’avenue du Parc, avant de remonter la rue Hutchison  jusqu’au nord de Bernard. 2013-10-20 manif sans permis d'ampli

Si tout le monde a droit à ses célébrations, il y a cependant des normes auxquelles tous sont soumis, sans exception. Dans une société de droits, pour assurer une certaine harmonie et un  vivre ensemble respectueux, il importe de se soumettre aux règlements en vigueur. Il en va de même pour s’assurer de la sécurité et du maintien de l’ordre.

Dans le cas qui nous occupe, la secte Wiznitz a demandé et obtenu un permis l’autorisant à faire fermer certaines rues et à occuper la chaussée. Hélas! Comme c’est trop souvent le cas, les organisateurs hassidiques ne se soucient guère de respecter les conditions inhérentes aux permis qu’ils demandent.

Il est choquant de constater que les organisateurs hassidiques ont bafoué pour une ixième fois l’interdiction de recourir à des amplificateurs sur la voie publique pour leurs fêtes (Voir l’extrait vidéo de 14 secondes) .

Mais Il y a pire encore. La mandataire de la secte Wiznitz qui a obtenu le permis le 11 octobre 2013 n’est nulle autre que Mindy Pollak, la nouvelle conseillère de Projet Montréal pour le district outremontois Claude-Ryan. Au moment où elle a présenté sa demande, la jeune membre de la communauté Wiznitz était en pleine campagne électorale. Tout en sachant pertinemment que cette manifestation allait contrevenir aux conditions du permis, elle n’a pas hésité à engager sa crédibilité. Dans le même temps, elle promettait sur toutes les tribunes le rapprochement et le dialogue avec les «autres» citoyens. Au nombre de décibels que crachaient les amplificateurs illégaux de sa synagogue, peut-on s’attendre à autre chose qu’à un dialogue de sourds?

2013-10-25 Mindy Pollak en pleine campagne électorale, quelques jours après la fête

Mindy Pollak, cinq jours après le tintamarre qui s’est déroulé devant la synagogue.

Les matières dangereuses

Quelques jours après la catastrophe de Lac-Mégantic, j’ai interpellé la mairesse Cinq-Mars dans le cadre d’une séance du conseil afin qu’elle nous fasse part du plan d’urgence existant en cas d’une pareille catastrophe à Outremont. À l’époque, la mairesse avait été incapable de nous dire si un tel plan existait (lire ma chronique du 13 juillet 2013).2013-07-06 feu à Lac Mégantic.08

Aujourd’hui, cinq mois plus tard, où en est la mairesse dans ses démarches sur cette question du transport ferroviaire de matière dangereuse ?

Lors de la séance du conseil du 9 décembre dernier, Mme Cinq-Mars nous a dit avoir expédié une lettre à une ministre fédérale dont elle a oublié le nom. Selon ses dires, son envoi est resté lettre morte. La mairesse aurait expédié une seconde lettre à la même personne, mais n’aurait toujours pas reçu d’accusé réception. Nous imaginons que la destinataire devait être la ministre fédérale des Transports, Lisa Raitt. 2013-12-09 Ma question sur la destitution de Werzberger - Marie Cinq-MarsPour voir  et entendre les propos de la mairesse sur cette question, cliquer ICI.

Manifestement pas très au courant de ce qu’il en était, la mairesse a donné la parole à M. Normand Proulx. Le directeur de l’arrondissement nous a expliqué que les compagnies ferroviaires allaient devoir déclarer — à postériori! — les produits dangereux qu’ils auront fait circuler sur notre territoire. Les municipalités ne pourront en prendre connaissance qu’après coup, soit au moment de la publication des rapports trimestriels.

Entre temps, dans la perspective du développement du site universitaire d’Outremont, c’est le centre de sécurité civile qui élabore un plan de gestion du risque près du nouveau campus.

En ce qui concerne le plan d’urgence d’Outremont, une demande de révision a été formulée à l’administration et il semble qu’il pourrait être déposé bientôt. Cela dit, une pétition exigeant que l’administration municipale d’Outremont nous dévoile ce fameux plan d’urgence circule toujours. Si vous ne l’avez pas encore signée, voyez ma chronique du 24 juillet dernier.

Le b.a. -ba de la sécurité sur nos rues

Depuis plus de six semaines, j’arpente les rues du district Claude-Ryan d’Outremont plusieurs heures par jour. J’y ai rencontré des centaines de citoyens qui me font part de problèmes qui les préoccupent dans leur milieu de vie.

Sans surprise, la question de la circulation revient sans cesse dans nos conversations. Est-ce vraiment étonnant quand on sait que sur l’île de Montréal, on compte désormais 1 automobile pour 2,1 adultes et que les études de Transport Québec nous annoncent que d’ici 2016, la métropole connaîtra une croissance de deux millions de déplacements par jour, soit une augmentation de 25 %.

Pas besoin d’être un expert en actuariat pour comprendre que cette augmentation rapide du nombre de voitures entraîne un accroissement des risques d’accident avec les piétons et les cyclistes. C’est sans parler du fait que plusieurs résidents se plaignent que malgré les vignettes qu’ils payent, ils peinent de plus en plus pour trouver une place pour se garer près de chez eux.

Les parents de jeunes enfants, tout comme l’ensemble des résidents dénoncent la vitesse et le nombre de véhicules qui filent et défilent sur nos rues résidentielles. En dépit de pétitions que plusieurs personnes du district ont déposées auprès des élus actuellement au pouvoir à Outremont, les citoyens concernés estiment que leurs récriminations n’ont pas été entendues des autorités. Ils considèrent que cette inaction a des répercussions négatives sur leur qualité de vie.dos d'âne.03c BR

Il y a quelques mois, un citoyen s’était donné la peine de se rendre à l’assemblée du conseil d’Outremont pour se plaindre de la vitesse excessive des automobilistes qui s’engouffraient sur l’avenue de L’Épée en provenance du Chemin de la Côte-Sainte-Catherine. Interpellé, son conseiller de district n’avait pu qu’admettre son impuissance devant cet état de fait. «La solution n’est pas évidente, avait-il dit.On ne peut pas inverser le sens unique à cet endroit à cause de l’entrée de garage de l’immeuble».

Je suis allé passer une heure au pied de la tour d’habitation L’Éminence pour y constater que la situation y était extrêmement dangereuse et tout à fait intolérable. Pourtant, la solution pour contrer la vitesse des voitures qui y passent en trombe semble sauter aux yeux.problème de vitesse - solution d'appaisement copy

Un bon dos d’âne dissuasif et permanent placé juste avant l’entrée du garage qui dessert les 160 appartements du complexe d’habitation forcera le ralentissement à 30 km/h, jour et nuit. Même plus besoin de poster de patrouilleurs pour faire respecter la limite de vitesse à cet endroit. En Jamaïque, on surnomme les dos d’âne « sleeping policemen ». Et ceux-là peuvent bien dormir sans que ça nous titille le compte de taxes!TRAVERSE PEINTE - problème - solution

Afin de sécuriser la sortie des piétons de l’immeuble, le marquage d’une traverse piétonne là où le trottoir est pratiquement inexistant (même pas 15 pouces de large!) ferait l’affaire. Précédée du dos d’âne, la traversée de la rue se ferait enfin en toute quiétude.

Pas de solution, disent donc les autorités actuelles? Quand on se donne la peine de réfléchir, des mesures correctrices adaptées aux différentes problématiques sont généralement à portée de main. Encore faut-il vouloir les appliquer !

La vie en vert

À Outremont, si vous vous promenez sur l’avenue Laurier, vous remarquerez que le trottoir du côté sud n’héberge ni érables, ni frênes, ni ormes, ni féviers, ni aucune autre essence d’arbres. Rien de ce qui y a été planté au fil des ans n’a survécu. Comment expliquer cette hécatombe? Les fosses de plantation sont trop petites.

Il y a exactement 20 ans, le botaniste Michel Labrecque avait pourtant produit une étude démontrant que les fosses de plantation d’un mètre cube (!) ne permettaient pas un développement radiculaire adéquat. En 2005, la Politique de l’arbre de Montréal établissait à cinq mètres cubes le volume minimal d’une fosse pour donner une chance de survie et de croissance aux arbres transplantés.

Hélas! En 2013, les autorités d’Outremont en sont encore réduites à planter des chicots dans des bacs temporaires qu’il faut gruter au printemps et à l’automne. Dans de telles conditions, même un chêne est condamné à demeurer un nain de jardin.

Ce qui est vrai sur le trottoir l’est tout autant sur le terre-plein de l’avenue Laurier. Là aussi, de gros bacs de béton d’une tonne donnent le gîte à de petites fleurs fragiles. S’ils y ont été placés pour servir de mesure d’atténuation du trafic, ces bacs donnent l’occasion à d’innombrables véhicules de se stationner illégalement au milieu de la chaussée (voir la flèche sur la photo du haut).

Tout n’est heureusement pas coulé dans le béton puisque, en 2014-2015, on prévoit la réfection complète des infrastructures de l’avenue Laurier. Mais pourra-t-on espérer un reverdissement adéquat de cette artère commerciale de prestige? Si on se fie à ce qui s’est produit sur l’avenue Bernard en 2010, rien n’est moins sûr.

 réfection av. Bernard 2010En dépit de la remise à neuf des conduites d’aqueduc, de l’enlèvement des anciens rails de tramways et de l’excavation sur près de trois pieds de profondeur, le tronçon de l’avenue Bernard compris entre Hutchison et Wiseman aura été une occasion ratée d’augmenter pour la peine le nombre d’arbres qui auraient contribué à embellir et rafraîchir cette artère particulièrement courue.

Bernard avant-après copy occasion ratée

Dans un même ordre d’idée, n’aurait-il pas été infiniment plus perspicace de construire des saillies de trottoirs qui soient autre chose que des parcelles de béton armé? Poser la question, c’est y répondre. À mon sens, il n’y a plus d’excuse qui puisse justifier de telles erreurs. Le développement durable doit quitter les beaux discours pour descendre dans la rue!

saillie de trottoir avant aprèsNe trouvez-vous pas qu’il serait approprié de remplacer le béton des saillies de trottoir actuelles par des plants de graminées ou d’autres espèces végétales qui requièrent moins de ressources pour leur entretien?