Les citoyens invités à discuter du sort d’Outremont

Présentée comme une démarche visant à développer un modèle de financement qui assurerait une plus grande équité entre les arrondissements, la réforme du financementdu maire Coderre est loin de faire l’unanimité.

Dans le cadre de cette grande opération de centralisation, non seulement des services comme la cueillette des ordures, le stationnement tarifé et le déneigement relèveraient de la ville centre, mais plusieurs arrondissements perdraient une bonne part de leurs budgets de fonctionnement. Selon les nouveaux critères de calcul, le budget annuel d’Outremont se verrait amputé de 4 M$ (400 000 $ par an pendant dix ans), soit tout près de 20 % de son budget actuel de 20 M$. Aucun autre arrondissement n’est aussi durement frappé par la réforme du financement.

Tout en brandissant la menace de recourir à la défusion de son arrondissement, la mairesse Cinq-Mars exige, avec les chefs des trois partis d’opposition, Luc Ferrandez, Benoit Dorais et Lorraine Pagé, des modifications à la réforme et une indexation des transferts de la ville centre à leurs arrondissements.

Si les critères de la réforme ne sont pas révisés rapidement par l’administration centrale, l’arrondissement
d’Outremont pourrait se trouver dans l’obligation d’avoir recours à une augmentation du taux de la taxe locale ou
de réduire certains services offerts aux citoyens.

Rappelons que le 1er octobre dernier, les trois conseillères indépendantes d’Outremont ont refusé la proposition de la mairesse, Marie Cinq-Mars, qui souhaitait imposer à ses citoyens une « taxe Coderre » pour récupérer le manque à gagner de 400 000 $.

Si vous êtes préoccupés par le sort qui pourrait être réservé aux services qui vous sont offerts, les élus d’Outremont vous invitent à participer à une rencontre publique d’information et de discussion le mardi 4 novembre 2014, de 19 h à 20 h 30, au Centre communautaire intergénérationnel, situé au 999, avenue McEachran.

Aux urnes, anciens élèves!

Le dimanche 2 novembre prochain, que vous soyez parent ou non, locataire ou propriétaire, vous serez appelé à élire une personne qui vous représentera au conseil des commissaires de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeois.

Je ne suis pas certain que nous ayons conscience que notre commission scolaire est l’une des plus importantes au Québec. Elle regroupe plus de 50 000 élèves répartis dans 87 établissements et quelque 8 500 employés, dont 5 000 enseignants! Ce n’est pas rien.

Hélas! Les électeurs ne se bousculent pas au portillon. Le taux de participation est passé de 15,4 % en 1998, pour plonger à 7,9 %, en 2007. Pourtant, contrairement aux élections provinciales ou fédérales, on ne peut pas dire que le milieu scolaire nous embête souvent. Ce type d’élection n’arrive qu’une fois tous les sept ans.

En attendant que le gouvernement provincial se décide à les tenir en même temps que les élections municipales (ou ne les abolisse!), sachez qu’à Outremont, vous aurez le choix entre trois candidats, soit Mme Jasmine Gercke, M. Luc Landreville et M. Fabian Rodríguez.

Vous ne les connaissez pas? Imaginez-vous que j’aurais moi-même été incapable de les nommer si on me l’avait demandé. Comment faire son choix, alors?

Hum! On peut toujours aller sur le site de la commission scolaire pour voir ce que l’on dit d’eux. Manque de chance, ce soir, lorsque j’ai essayé de m’y rendre, le site semblait en panne. J’ai tenté ma chance en pitonnant leurs noms respectifs sur Google. J’y ai trouvé de l’information sur Mme Gercke et M. Rodríguez, mais seul ce dernier faisait référence à l’élection de la semaine prochaine.

Je me suis donc rabattu sur l’article de Marie-Pier Gagné, dans L’Express d’Outremont pour voir ce que chacun propose.

Le candidat Landreville souhaite «préconiser l’adoption de politiques contribuant à élections scolaires Landrevillela mise en place d’un environnement scolaire propice au développement intellectuel des jeunes, ainsi qu’à leur intégration sociale et culturelle.» En effet, qui ne voudrait pas d’un environnement propice au développement intellectuel des jeunes?

La candidate Gercke affirme «être pour la santé, le élections scolaires Gerckebien-être et l’éducation à la saine nutrition à l’école». Je suis aussi d’accord pour combattre la maladie, le mal-être et la malbouffe.

Il reste le candidat Rodríguez.

élections scolaires RodriguezPlutôt que les grands principes, il nous raconte qu’il est père de quatre enfants, qu’il participe activement à la vie de quartier, qu’il a été bénévole dans une école primaire, à la bibliothèque et en informatique, qu’il participe souvent aux sorties éducatives en tant qu’accompagnateur et qu’il a été président de l’organisation participation-parents, en plus d’être membre du conseil d’établissement.

Je ne sais pas pour vous, mais, moi, mon choix est fait.

En passant, le vote se tient au Centre d’éducation des adultes, 500, boulevard Dollard, à Outremont.

Les débris des fêtes

Le 2 septembre dernier, lors de la réunion du conseil d’arrondissement, la conseillère de Projet Montréal, Mindy Pollak, a déposé un avis de motion afin de faire modifier le chapitre 6.1 du règlement de zonage 1177. Résultat: une assemblée de consultation publique (ouverte à tous les citoyens) sera tenue le 29 octobre 2014 au Centre communautaire intergénérationnel d’Outremont. (Voir les détails).

2013-10-25 Mindy avec La Presse- détail

Mindy Pollak représente Projet Montréal dans Outremont

Mme Pollak trouve que les 15 jours pendant lesquels l’arrondissement autorise l’érection de cabanes provisoires pour une fête juive ne suffisent pas.

Même si la fête de Souccot ne dure que neuf jours, la conseillère hassidique voudrait que l’arrondissement étende à 24 jours le droit de laisser ces structures sur les balcons ou les terrains des résidents.

Pour justifier la modification du règlement actuel, Mindy Pollak prétend que la construction d’une souccah requiert entre un et trois jours. Il suffit pourtant de voir la façon rudimentaire dont sont conçues les souccot (pluriel de souccah) pour comprendre que même un néophyte pourrait en monter une en à peine quelques heures.

Souccah en façade et en arrière-cour
Qu’elles soient installées en façade ou en arrière-cour, les souccot ne paient pas vraiment de mine.

La conseillère Pollak elle-même décrit les Souccot comme des «constructions assez simples». Il s’agit généralement d’étroits panneaux de contreplaqués fixés à des deux par quatre en épinette. Chaque section est préfabriquée et numérotée. Il suffit de juxtaposer les panneaux, d’y ajouter quelques branchages, trois ou quatre bouts de bois pour soutenir la toile de camping qui fait office de toit et le tour est joué.

Mieux! Mme Pollak nous rappelle que de plus en plus de gens troquent les cabanes de contreplaqué par des souccot «de style lego faits en plastique». Imputrescibles, plus légères et encore plus faciles à assembler, elles ne requièrent plus aucune habileté et se font (et défont) en un tournemain. Même par des adolescents.

Qu’importe les matériaux utilisés, il n’en demeure pas moins que la question de la sécurité de ces structures temporaires soulève l’inquiétude de plusieurs citoyens. Ces dernières années, des incendies causés par des feux de chandelles ont détruit des appartements sur les rues Hutchison et Durocher. Aussi, des gens craignent que les souccot puissent représenter un risque supplémentaire. C’est sans parler qu’il y a quelques jours à peine, une souccah s’est écroulée à Boisbriand, entraînant dans sa chute plusieurs femmes qui s’y trouvaient. Le site hassidique qui rapporte la nouvelle titre «Miracle in Tosh as Sukkah collapses but no serious injuries».

Mindy Pollak est surtout préoccupée par des considérations de commodité et d’accommodements religieux. Soutenant que des familles passent une partie de la fête de Souccot à l’extérieur de la ville, elle estime que cela peut leur laisser peu de temps, à leur retour, pour démanteler leur cabane dans les délais impartis par le règlement actuel.

Débris de souccah que ses propriétaires ne se sont jamais soucier de remiser.

Que répondre à cela sinon que les autorités municipales ne peuvent être tenues de prendre en compte les séjours de vacances de tout un chacun pour administrer l’arrondissement. Des situations similaires se vivent tous les jours dans nos quartiers. Si vous prenez l’avion, que vous n’avez pas de garage et que vous savez que vous ne reviendrez pas à temps pour changer votre voiture de côté de rue, vous avez le choix : ne rien faire et risquer la contravention ou demander à un bon voisin ou à un parent de la déplacer pour vous en temps opportun. Cette prévoyance tient de la responsabilité civique élémentaire.

La représentante de Projet Montréal pousse son argumentaire jusqu’à tenter une comparaison entre ses cabanes et les décorations de Noël. Elle trouve injuste que les constructions de contreplaqué sur les balcons doivent être enlevées après une période maximum de quinze (15) jours alors que les ornementations de Noël peuvent demeurer en place tout l’hiver. Elle trouve par ailleurs que les gros bonhommes de neige gonflables ne devraient pas passer l’hiver dehors. Mais comment peut-on comparer un assemblage des matériaux de construction dépareillés et inesthétiques à des décorations réjouissantes et agréables à l’œil de l’ensemble de la population, qu’importe sa religion, sa couleur et quoi encore?

Peut-on parler d’une injustice? Pour y répondre, je laisse parler les images. Jetez un coup d’œil aux les trois photos ci-bas et tirez vos propres conclusions.

Un arbre de Noël sur le Chemin de la Côte-Sainte-Catherine et des décorations du centre-ville.

Une souccah faite d’un mélange de contreplaqué et d’aggloméré. Elle  empiète même sur le domaine public.

Souccah faite de très vieux panneaux d’aggloméré.

Je vous invite à venir assister et participer à l’assemblée de consultation publique, le mercredi 29 octobre 2014, à 19 heures, au Centre communautaire intergénérationnel d’Outremont, 999, avenue McEachrean.

Cambuses des villes, cambuses des champs

Le 24 septembre dernier, le maire de Tadoussac, Hughes Tremblay a «gentiment» remercié le maire du Plateau Mont-Royal «de ne pas s’être mêlé de ses affaires». Tremblay n’avait pas apprécié que Luc Ferrandez dénonce un projet de stationnement à Tadoussac. Connaissant un peu Ferrandez, je n’étais pas surpris par sa sortie. En 2011, il avait vidé son sac dans le film République, un abécédaire populaire en pestant contre les baraques ignobles qu’on a laissé construire le long de la côte gaspésienne.

Comme vous et moi, Ferrandez a tout à fait le droit de dénoncer une situation, peu importe où elle se produit. Cela dit, la parabole de la paille et de la poutre n’est pas devenue désuète pour autant.

Dans le Mile-end, les abominations ne manquent pas, mais l'arrondissement du Plateau ne semble pas s'en préoccuper outre mesure.

Tout récemment, une citoyenne qui habite à à quelques pas du Mile-End a interpellé Luc Ferrandez dans La Presse +.

Mariclaude Ouimet dénonce le peu de cas dont semble faire preuve l’administration de Projet Montréal devant la décrépitude avancée d’un certain nombre de résidences de cet arrondissement. Je ne peux qu’acquiescer aux propos de Mme Ouimet. Voici ce qu’elle écrivait :

La Presse +
18 septembre 2014, section DÉBATS
OPINIONS

Sauvez le Plateau d’abord

Le Ministère des Transports du Québec a un projet de stationnement qui exigerait l’expropriation de six maisons patrimoniales à Tadoussac. Dans un plaidoyer émouvant (La Presse, 13 septembre) Luc Ferrandez, maire du Plateau Mont-Royal, nous parle de la beauté qui naît et qui s’élève grâce à un cumul de petites choses, en commençant par les modestes implantations qui nous ont précédés. Il déplore l’enlaidissement des paysages et l’élimination de témoins architecturaux.

Cette plaidoirie est tout à son honneur, mais point n’est besoin d’aller aussi loin pour défendre notre patrimoine architectural ! Le maire Ferrandez n’a qu’à pédaler un peu plus souvent dans son propre arrondissement et plus particulièrement dans le district Mile-End. L’état de délabrement avancé de nombreux immeubles centenaires est de plus en plus inquiétant. Cette situation aurait dû normalement faire réagir et surtout, faire agir un maire qui se dit sensible à la beauté des paysages et à la sauvegarde de témoins historiques !

Depuis 2009, le Plateau Mont-Royal est sous la férule des élus de Projet Montréal qui affirment volontiers que « chaque fois qu’on perd un bâtiment patrimonial, on perd un peu de l’âme du quartier ». Pourtant, je n’ai aucun souvenir que Luc Ferrandez se soit engagé de façon médiatisée à sauver ces résidences du Mile-End qui dépérissent à vue d’œil, faute d’entretien, de respect et d’amour.
Mariclaude Ouimet