La conseillère qui ne veut pas voir

Si vous avez mis la main sur L’Express d’Outremont du 28 août dernier, vous ne pouviez pas manquer cet autobus scolaire illustré en Une et affublé du titre À pleine vitesse dans les rues.   2014-08-28 Autobus scolaires - À pleine vitesse dans les rues

Non seulement certains d’entre eux roulent trop vite et font des stops à l’américaine, mais ils sont souvent très bruyants et surtout, ils défilent à la queue leu leu sur nos rues résidentielles en s’arrêtant de porte en porte pour cueillir les écoliers.

Interviewés, des citoyens disent avoir compté une cinquantaine d’autobus scolaires passant quotidiennement devant chez eux. Ils exagèrent, vous pensez? Hélas non.

À la séance du conseil d’arrondissement d’Outremont, j’ai remis à la mairesse Cinq-Mars un document relatant différents problèmes relatifs à la circulation de ces autobus.

Grâce à une caméra vidéo, nous avons pu documenter le phénomène. Ces bandes que nous avons conservées révèlent qu’une moyenne de 55 autobus scolaires défilent sur nos rues résidentielles (sauf le samedi, jour du sabbat). Et pour dissiper les doutes, nous ne nous sommes pas limités à capter ces allées et venues pendant un ou deux jours qui auraient pu connaître un achalandage exceptionnel. Les enregistrements ont été réalisés sur une période de deux mois, à raison de 24 heures par jour, sept jours par semaine.

Outre le nombre impressionnant d’autobus, on réalise que ces véhicules jaunes commencent leur chemin de croix depuis aussi tôt que 6h34 le matin pour rentrer au bercail parfois passé 23h35.

À 21h37, des étudiants — dont certains portent la barbe! — descendent d'un autobus scolaire au coin des rues Hutchison et Saint-Viateur.

À 21h37, des étudiants — dont certains portent la barbe! — descendent d’un autobus scolaire au coin des rues Hutchison et Saint-Viateur.

C’est sans parler, bien sûr, des problèmes du stationnement illégal et des manœuvres dangereuses, voire abracadabrantes.

2010Alors qu'un premier autobus est illégalement stationné devant la synagogue de Michael Rosenberg (zone vignette 27), un deuxième contenant des enfants est immobilisé en double... en sens inverse du trafic!-04-28 autobus stationnées à contresens

Alors qu’un premier autobus est illégalement stationné devant la synagogue de Michael Rosenberg (zone vignette 27), un deuxième contenant des enfants est immobilisé en double… en sens inverse du trafic!

Dans tout cela, ce qui est le plus hallucinant, c’est d’apprendre dans l’article de l’Express d’Outremont que Mindy Pollak, la conseillère du district, préfère esquiver la question parce que «la majorité des autobus scolaires en question desservent les écoles et garderies hassidiques». Est-ce à dire que lorsque le problème émane de sa communauté, elle ferme les yeux et refuse de bouger?

Cerise sur le Sunday, son attaché politique, Philippe Tomlinson, déclare le plus sérieusement du monde que Projet Montréal, le parti de Mindy, «ne constatait pas de problèmes en matière de transport scolaire». C’est vrai qu’il n’habite pas Outremont et que ce que l’on ne voit pas (ou qu’on ne veut pas voir!) ne fait pas mal.

2013-05-09 Manoeuvre spectaculaire

9 mai 2013: Un autobus qui n’a pas à se trouver stationné sur la rue Hutchison exécute un ballet acrobatique inusité pour permettre au balai mécanique de faire son travail. L’autobus se déplace au milieu de la chaussée, puis recule pour se stationner de nouveau. Bravo, champion!

Quant à Madame Cinq-Mars, les citoyens ont hâte de voir les solutions qu’elle apportera pour diminuer le trafic incessant de ces autobus. Nous pouvons d’ores et déjà lui suggérer que les enfants et écoliers se déplacent au coin des rues collectrices (ex.: Fairmount, Saint-Viateur, Bernard, etc.) pour être recueillis par les autobus qui n’auraient plus à défiler sur les rues résidentielles.

Que voilà un beau projet pour occuper Mindy Pollak qui est justement chargée du comité du transport actif . À défaut de faire marcher les enfants jusqu’à l’école comme le promeut le programme Trottibus, elle pourrait au moins faire en sorte qu’ils se rendent jusqu’au coin des rues, non? Ça ne devrait faire mourir personne et, croyez-nous, c’est bien plus sécuritaire que ce que nous voyons régulièrement.