La réponse de Mindy Pollak

À la suite de ma chronique Dialogue de sourds,  une séance du conseil d’Outremont s’est tenue le 3 février . Nous en avons profité pour poser une question à la conseillère Mindy Pollak.  Nous lui avons demandé comment elle pouvait prétendre rebâtir des ponts entre les membres de sa communauté et les autres citoyens si elle-même ne respecte pas les conditions des permis qui lui sont délivrés?

Mindy Pollak, le 3 février 2014De façon détachée et laconique, elle s’est contentée de dire que «L’évènement a eu lieu sur le Plateau. Je ne vois pas le relevance [sic]de le porter ici au conseil d’Outremont.» (période de questions à 24 min 7 sec)

Ah! bon, Mme Pollak. Pour vous, y’a rien là de bafouer les conditions d’un permis quand vous commettez l’infraction sur le territoire de l’arrondissement voisin? Belle mentalité! Vous vous moquez peut-être aussi des plaintes qui ont été portés par des résidents incommodés ? On voit combien vous êtes respectueuse à la fois des citoyens que vous représentez et de ceux du Plateau où vous résidez. Avez-vous oublié que la moitié des résidents de la rue Hutchison à qui vous avez cassé les oreilles par un beau dimanche après-midi de congé sont des citoyens d’Outremont? Vos citoyens !

Le dialogue de sourds

Le 20 octobre dernier, les résidents de la rue Hutchison habitant au nord de l’avenue Bernard ont été témoins d’un spectacle avec un grand «épanchement d’émotions» comme le disent si bien leurs organisateurs. Ce dimanche-là, les dirigeants de la secte Imray Chaim D’Chasidai Wiznitz ont célébré avec intensité et excitation l’arrivée d’un nouveau rouleau de la Torah devant la synagogue du 5843 Hutchison.

La procession constituée de plusieurs centaines de fidèles a débuté en milieu d’après-midi devant la congrégation de la secte Belz de la rue Jeanne-Mance. La foule très compacte a emprunté cette rue résidentielle dans le sens inverse du trafic. Après avoir coupé l’avenue Bernard, le cortège a rejoint la rue Saint-Viateur, puis a bifurqué vers l’ouest en traversant l’avenue du Parc, avant de remonter la rue Hutchison  jusqu’au nord de Bernard. 2013-10-20 manif sans permis d'ampli

Si tout le monde a droit à ses célébrations, il y a cependant des normes auxquelles tous sont soumis, sans exception. Dans une société de droits, pour assurer une certaine harmonie et un  vivre ensemble respectueux, il importe de se soumettre aux règlements en vigueur. Il en va de même pour s’assurer de la sécurité et du maintien de l’ordre.

Dans le cas qui nous occupe, la secte Wiznitz a demandé et obtenu un permis l’autorisant à faire fermer certaines rues et à occuper la chaussée. Hélas! Comme c’est trop souvent le cas, les organisateurs hassidiques ne se soucient guère de respecter les conditions inhérentes aux permis qu’ils demandent.

Il est choquant de constater que les organisateurs hassidiques ont bafoué pour une ixième fois l’interdiction de recourir à des amplificateurs sur la voie publique pour leurs fêtes (Voir l’extrait vidéo de 14 secondes) .

Mais Il y a pire encore. La mandataire de la secte Wiznitz qui a obtenu le permis le 11 octobre 2013 n’est nulle autre que Mindy Pollak, la nouvelle conseillère de Projet Montréal pour le district outremontois Claude-Ryan. Au moment où elle a présenté sa demande, la jeune membre de la communauté Wiznitz était en pleine campagne électorale. Tout en sachant pertinemment que cette manifestation allait contrevenir aux conditions du permis, elle n’a pas hésité à engager sa crédibilité. Dans le même temps, elle promettait sur toutes les tribunes le rapprochement et le dialogue avec les «autres» citoyens. Au nombre de décibels que crachaient les amplificateurs illégaux de sa synagogue, peut-on s’attendre à autre chose qu’à un dialogue de sourds?

2013-10-25 Mindy Pollak en pleine campagne électorale, quelques jours après la fête

Mindy Pollak, cinq jours après le tintamarre qui s’est déroulé devant la synagogue.