La vraie transparence

Ces dernières années, à part les filous qui nous ont collectivement escroqués, nous avons tous été (et sommes encore) choqués d’apprendre combien le monde municipal avait été gangrené. La collusion, la corruption et l’espèce d’omertà qui ont résulté de la cupidité de certains a engendré dégoût et cynisme auprès de nombreux citoyens.

Nous n’avions franchement pas besoin de ça. Déjà qu’aux élections municipales de 2009, à peine 39% des Montréalais s’étaient rendus aux urnes. C’est ce qu’on appelle une catastrophe pour la démocratie. L’adage Chat échaudé craint l’eau froide refroidira-t-il l’électorat?

Souhaitons seulement que le coup de balai qui est donné par l’Unité permanente anticorruption et les travaux de la commission Charbonneau nous incitera, au contraire, à reprendre notre destin en main et à ne pas laisser à une minorité d’électeurs le soin de choisir pour nous ce qui devrait être profitable pour le plus grand nombre de citoyens.

Dans l’espoir de redorer leurs blasons, les partis municipaux tentent de montrer patte blanche en annonçant des gestes de transparence.

Untitled-5 copyLors de leur premier débat public, les quatre principaux candidats à la mairie de Montréal  ont déploré le faible taux de participation des Montréalais aux précédentes élections municipales et ont convenu qu’il fallait une ville plus transparente pour regagner la confiance des électeurs. Les uns n’acceptent plus que des dons de moins de 100$, les autres publient la liste des donateurs qui ont versé plus de 100$. C’est déjà un pas dans la bonne direction, mais ils pourraient faire mieux. Beaucoup mieux.

Non seulement les électeurs doivent-ils se gratter la tête pour trouver où se cachent les listes des donateurs des divers partis, mais en plus, aucune n’indique quel candidat bénéficie de ces sommes pour sa campagne. On ne sait même pas dans quel arrondissement ou dans quel district est acheminée tout cet argent.

Sur la page d’ouverture de mon site, vous constaterez que tout est sur la table.

En cliquant sur l’onglet Financement, toutes les contributions à ma campagne sont rendues publiques, des plus modestes aux plus importantes. Mieux. Vous y trouvez même un compte-rendu détaillé des dépenses électorales que j’engage dans cette course. Qui dit mieux? Qui fait mieux?

Premier round du débat des chefs — La barrière tarifaire

Vendredi prochain (16 août), les quatre principaux aspirants au poste de maire de Montréal monteront dans le ring de l’amphithéâtre du Pavillon Sherbrooke de l’UQAM. Dans ce premier round de débats, les Richard Bergeron, Denis Coderre, Marcel Côté et Mélanie Joly s’affronteront dans l’espoir de décrocher la ceinture des poids lourds de l’Hôtel de Ville. le prochain maire de Montréal modifié.3

Le thème de ce premier débat? La participation citoyenne et de la jeunesse. Après un Printemps Érable décoiffant et en ces temps où l’intérêt des Montréalais pour la démocratie municipale est catastrophique (à peine 39 % des électeurs sont allés voter en 2009!), le sujet est particulièrement brûlant d’actualité.

Il me semble toutefois qu’il y ait un hic. Le spectacle de vendredi sera ouvert au grand public… pourvu que le bon peuple soit prêt à ouvrir son portefeuille et débourser 10 $.

Quand on sait que les nombreux scandales de corruption font tout sauf dissiper le cynisme et le dégoût des citoyens, quand on constate qu’il faut redoubler d’ardeur pour susciter leur intérêt à la vie publique, la contribution obligatoire (rien à voir avec le don électoral!) m’apparaît contre-productive. Compte tenu du thème qui sera débattu, cela est même paradoxal.

Les experts nous disent que le débat public est monopolisé par des élites, des intérêts économiques, des associations disposant de moyens de communication et de lobbying. Ils soutiennent même que les citoyens moins nantis sont moins enclins à participer à la vie politique et que, par conséquent, ils n’ont pas l’opportunité de faire valoir leurs intérêts. Ce droit d’entrée ne contribue certainement pas à rééquilibrer ce rapport de force inégalitaire. Demandez donc à la jeunesse estudiantine ce qu’elle en pense.

À mon étonnement, aucun des candidats à la mairie n’a déploré cette barrière tarifaire imposée à qui désirerait les entendre débattre des conditions de succès de la participation citoyenne et des moyens pour la favoriser. Dans ces conditions, l’évènement ne se méritera pas le Prix du maire de Montréal en démocratie. Dommage.