Aux finances, Citoyens !

Si vous me demandiez si je trouve que mon compte de taxes municipal est raisonnable, je serais le premier à me plaindre qu’on nous presse le citron pas à peu près. Je sais que la plupart d’entre vous seriez tout à fait d’accord avec moi. Combien de fois par semaine j’entends des amis, des voisins ou des parents me dire qu’on paye de plus en plus pour de moins en moins de services!

Parlons BudgetLes trottoirs sont casse-gueule, les bancs de neige nous empêchent de stationner, les rues sont truffées de nids-de-poule, les poubelles de rues débordent… S’il n’y avait que ça. Il y a de plus en plus de graffitis sur les murs et on dirait que la ville s’en fout. Les avant-midi de semaine, oubliez la bibliothèque Robert-Bourassa. Avant 13 heures, on se frappe le nez sur une porte fermée. Quant à la piscine Kennedy, tu parles d’une idée de ne pas l’ouvrir avant la Saint-Jean quand il fait 30 °C le 3 juin! C’est sûr que si ça n’était que de nous, ça ne marcherait pas comme ça. Ça irait aux toasts, comme on dit.

Que diriez-vous si l’arrondissement nous invitait à faire les choses à notre goût? S’il nous permettait de jouer avec le budget de 2014 et d’allouer différemment les sommes qui vont aux services de proximité?

Pas possible, vous dites? Pourtant certains arrondissements donnent déjà à leurs citoyens la possibilité de faire l’exercice. Et contrairement à ce que nous pourrions croire, on n’a même pas besoin d’être un CGA ou de maîtriser les notions budgétaires pour remplir le questionnaire. Ça prend à peine dix minutes pour faire connaître nos choix aux élus et nous familiariser un peu avec les finances de l’arrondissement. Après un tel exercice, je vous le dis, on comprend mieux les dilemmes auxquels sont confrontés les élus. Remarquez que ça ne nous empêchera jamais de chialer, mais il pourrait arriver, à l’occasion, qu’on se garde une petite gêne.

Questionnaire Parlons budget

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En attendant qu’Outremont s’y mette (ce que je souhaiterais ardemment), familiarisez-vous donc avec cet outil en remplissant le questionnaire que propose à ses citoyens l’arrondissement du Sud-Ouest, par exemple.

À l’aide du simulateur budgétaire proposé, vous devrez faire un choix pour chacun des blocs d’activités ou de services tout en maintenant un budget équilibré, c’est-à-dire sans déficit. Bonjour les compromis!

Vous verrez, ça change notre vision des choses. Dans la vraie vie, les résultats de cet exercice budgétaire sont dévoilés lors d’une rencontre avec les élus, rencontre à laquelle les participants sont conviés.

En attendant un hypothétique sauveur

La Commission  Charbonneau et l’Unité permanente anticorruption ne frappent pas que l’imaginaire. De révélations en arrestations, de perquisitions en démissions, les Montréalais se rebiffent, s’habituent ou se détournent devant la mise à jour d’événements troublants, voire illégaux au cœur de la Ville de Montréal.

Ces jours-ci, c’est Frank Zampino, l’ex-président déchu du comité exécutif de Montréal qui se fait cuisiner. Au milieu de ce bien-cuit pimenté de collusion, de mariages mafieux et de milliers d’appels à Monsieur 3 %, les prétendants à la mairie s’évertueront à se refaire une virginité à grand renfort de prétentions et de promesses. Qui aura la moralité qui lave l’âme plus blanc que blanc?

Le prochain maire de Montréal Comment réagira l’électorat à ces discours? D’ordinaire, deux Montréalais sur trois estiment inutile de contribuer à la sélection du premier magistrat de la Ville.

Combien seront confortés dans leur opinion quant à la futilité de voter pour l’un ou pour l’autre?

Combien de personnes qui ont voté lors de l’élection de la dernière élection en 2009 lanceront la serviette et abdiquerons temporairement ou de manière plus permanente?

À l’inverse, combien d’autres électeurs voudront exprimer leur ressentiment ou faire connaître haut et fort en qui ils fondent leurs espoirs politiques?

À l’heure actuelle, il est bien trop tôt pour analyser ou affirmer quoi que ce soit, mais déjà certaines indications sont perceptibles.

La déconfiture de Gérald Tremblay et de son parti, Union Montréal, n’a pas eu l’heur de profiter aux deux autres partis, en général, ni à leurs chefs Harel et Bergeron, en particulier.

On peut imaginer qu’un candidat, venu de l’extérieur des trois principaux partis actuels, pourrait prétendre à la mairie. Encore faudrait-il qu’il ait un minimum de charisme, d’enthousiasme et de crédibilité.

Si un tel candidat ne se pointe pas, la participation à la prochaine élection à Montréal risque d’être encore moindre qu’en 2009.

(avec la collaboration de Serge Chevalier)

La cuisine de rue sans malbouffe

Cuisine de rueDepuis quelque temps, la ville centre examinait la possibilité de réintroduire sur la voie publique de la métropole les commerces de nourriture de rue. À Montréal, ce type d’entreprise, que l’on retrouve dans plusieurs villes à travers le monde, était interdit depuis 1947.

Mardi, le maire Michael Applebaum a annoncé qu’à compter du 20 juin, une dizaine de sites pourront accueillir des cuisines de rue dans le cadre d’un projet pilote. C’est sans compter les sites accrédités lors de festivals et d’événements spéciaux.

Auparavant, la commission permanente sur le développement économique et urbain et l’habitation avait été mandatée pour préparer des recommandations à cet égard. Elle a donc procédé à des audiences publiques. Vingt-sept (27) mémoires ont été déposés auprès de la Commission. La plupart préconisaient une position favorable, parfois conditionnelle, à la renaissance de la cuisine de rue à Montréal.

La Commission est favorable à la réinstauration de la cuisine de rue et propose plusieurs balises.

  • La cuisine de rue relèvera de la compétence de la ville centrale et la gestion quotidienne sera déléguée aux arrondissements
  • Des espaces seront réservés aux véhicules destinés à la vente de nourriture de rue, ceux-ci devront libérer l’espace en dehors des heures d’ouverture
  • Les espaces retenus pour ces véhicules seront choisis de telle sorte à ne pas nuire indûment aux commerces déjà établis qui offrent de la nourriture préparée
  • L’offre alimentaire devra s’inscrire dans le contexte d’un Montréal gastronomique : «produits sains», «créativité culinaire» et «offre distinctive»
  • Le tout sous réserve des plus hauts standards de salubrité, de gestions responsables des déchets et des eaux usées ainsi que du strict contrôle du bruit et des «émissions polluantes et olfactives»

Seriez-vous d’accord pour que de tels véhicules de vente de nourriture s’établissent sur la rue Laurier, Van Horne, Bernard ou ailleurs à Outremont?

Ne pas oublier de lirei l’éclairant article de Marie-Claude Lortie dans La Presse du 2 avril

 

Les chemins de compostage

À l’heure actuelle, Outremont peut se targuer d’un taux de recyclage de 64 %, ce qui n’est pas si mal. La collecte de papier (journaux, circulaires, cartons d’emballage, etc.), de verre et de plastique (contenants de boissons gazeuses, contenants alimentaires et de produits d’entretien, sacs de plastique, etc.), est pratiquement devenue un automatisme pour les citoyens. Même nos arbres de Noël sont récupérés. C’est sans parler de nos électroménagers et vieux meubles qui font l’objet d’une cueillette printanière (cette année, du 6 au 10 mai).

Cela nous demande un peu plus d’énergie lorsqu’il est temps de se départir de nos matériaux de construction et de nos ordinateurs, imprimantes et autres. Pour tous ces produits, il nous faut nous rendre au dépotoir du 1451, avenue Ducharme.

Mais qu’en est-il de tous nos résidus de tables qui constituent la partie la plus importante des déchets que nous produisons? Avez-vous remarqué autour de chez vous ces fameux bacs bruns destinés à recueillir les déchets qui sont transformés en compost? Autour de chez moi, je n’ai encore jamais vu la couleur de ces goinfres capables d’ingurgiter nos restes de fruits et légumes, de pains, pâtes, viandes, volailles, poissons, produits laitiers solides (beurre, fromages et yogourt) et jusqu’aux desserts et sucreries.

Pourtant, à compter de 2020, les villes du Québec ne pourront plus enfouir de déchets organiques. Contrairement à des pays comme la Suède qui doit aujourd’hui importer des vidanges pour pouvoir suffire à la demande. Il faut savoir que ces déchets sont, en fait, des matières premières puisque grâce à la bio méthanisation, ils servent à créer du gaz tantôt pour alimenter les autobus, tantôt pour le chauffage.

Secteurs de collecte des résidus alimentaires

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Si Victoriaville et Saint-Hyacinthe ont étendu cette pratique à l’ensemble de leur population, la ville de Montréal se prépare encore à une collecte sur l’ensemble du territoire prévue en 2016 ou 2017.

Sauf erreur, à Outremont, une seule zone ciblée est desservie par une collecte des résidus alimentaires pour des résidences et des édifices de 8 logements et moins. Pourtant, dans des arrondissements tout près du nôtre, des milliers de résidents envoient déjà leurs déchets de table au compost depuis plus de trois ans. Ainsi, cette année, à Rosemont – La Petite-Patrie, pas moins de 37 000 portes auront leurs bacs bruns.

Le plus difficile sera probablement d’opérer le changement des habitudes et des préjugés des citoyens. La sensibilisation et la communication seront essentielles pour réussir le virage du compostage. Surtout qu’en matière de gestion des déchets, les préjugés sont coriaces.

La problématique des odeurs en période de canicule nous vient vite à l’esprit, mais si on vous convainquait qu’il y a des techniques pour les éliminer? C’est sans compter qu’une fois qu’on sera parvenus à soustraire les déchets organiques des vidanges, on pourra diminuer la collecte des ordures et augmenter celle des déchets organiques. Ce sera le coup de grâce aux derniers relents. Une chose est sûre, c’est que si nous n’y voyons pas dès maintenant, l’échéancier 2020 sera difficile à atteindre.

 

À vous la parole !

Monsieur 3%Depuis 2009, plusieurs médias ont soulevé des pratiques de financement inappropriées qu’utilisent différents partis politiques, à tous les niveaux de gouvernement. Ces derniers mois, la Commission Charbonneau nous a présenté les interrogatoires et témoignages de fonctionnaires et collecteurs de fonds du parti Union Montréal que dirigeait Gérald Tremblay.

Nous y avons découvert le royaume de la magouille, de la collusion et de la corruption. Hélas, ce modus operandi semble avoir fait tache d’huile à une bonne partie du Québec.

Pour mettre un terme à ces pratiques illégales dans le domaine municipal et tenter de rétablir notre confiance envers ces institutions, le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, annonce le lancement d’une consultation citoyenne sur les mesures à l’étude pour réformer le financement politique municipal. Il faut toutefois savoir que cette consulation ne porte pas sur les mesures transitoires adoptées pour les élections municipales de novembre prochain.

Du 28 mars au 19 avril 2013, les citoyens, les organismes et les partis politiques sont invités à prendre connaissance du document de consultation et à produire un mémoire (voir document d’aide à la rédaction d’un mémoire) ou remplir le formulaire qui vous permettra de répondre à des questions suggérées. Les commentaires reçus dans le cadre de la démarche de consultation seront considérés dans l’élaboration des mesures législatives qui seront proposées à l’Assemblée nationale pour adoption à l’automne 2013. Un rapport synthèse des consultations sera rendu public après la période de consultation.

Vous avez jusqu’au 19 avril  2013 pour produire un mémoire ou remplir le formulaire pour transmettre votre mémoire ou votre formulaire par courriel à l’adresse : consultation.financement@mamrot.gouv.qc.ca

ou par la poste, à l’adresse :

Consultation sur la réforme du financement politique municipal
Direction générale des politiques
Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire
10, rue Pierre-Olivier-Chauveau, 3e étage
Québec (Québec) G1R 4J3

Pour de plus amples renseignements, cliquez ICI